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Discours du 7 juillet 2026

Matthieu Bloch · Première session extraordinaire 2026 · séance n°6

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Ordre public, sécurité, tranquillité de nos concitoyens – voilà ce que vous prétendez vouloir restaurer, monsieur le ministre. Vous ambitionnez de trouver des réponses immédiates et de riposter. Mais dites-moi, est-ce un cabinet de conseil ou une intelligence artificielle qui vous a soufflé cet acronyme ? Ripost est un terme bien radical pour un gouvernement qui n’arrive même pas à prononcer le mot « ensauvagement » à propos du meurtre du jeune Louis. Comment voulez-vous qu’on vous fasse confiance ?Et pourtant, oui, il faudrait riposter. Il faudrait enfin lutter fermement contre la délinquance du quotidien qui pourrit la vie de nos compatriotes. Il faudrait une réponse pénale rapide, y compris pour les délinquants mineurs. Mesurez-vous, monsieur le ministre, la détresse des magistrats, des enquêteurs, leurs moyens dérisoires, leur épuisement, leur solitude, quand ils constatent qu’il manque des dizaines de milliers de places de prison dans ce pays ?Comment décourager un délinquant qui sait avec la quasi-certitude d’un mathématicien qu’il ne passera pas une seule nuit en prison ? Ces places de prison, Emmanuel Macron les avait promises, mais elles ne sont pas là. Pendant ce temps, la dette a augmenté de 1 300 milliards d’euros. Voilà la réalité. La sécurité des Français n’a jamais été la priorité de ce trop long double quinquennat. Vous êtes prisonniers de la promesse macronienne devenue trahison, des conditions honteuses de l’élection de cette assemblée en juillet 2024, de l’alliance de la honte que MM. Attal et Philippe ont scellée avec La France insoumise.

Nous avons encore vu cette alliance il y a quelques jours quand votre gouvernement a renoncé à mettre fin à l’obstruction des Insoumis et des écologistes, ces députés qui trouvent normal de condamner un maire pour avoir refusé un mariage de complaisance.Dimanche, j’ai entendu l’un de vos anciens premiers ministres claironner : « Nous allons prendre le pouvoir ! » Mais vous êtes au pouvoir depuis presque dix ans déjà. Qui sont ces gens qui croient qu’un coup de Tipp-Ex peut effacer neuf années de renoncement ? Neuf années de pouvoir, et nous en sommes encore à débattre des mesures d’urgence pour tenter de rétablir l’ordre public !Le résultat de ces neuf années, chers collègues, le voici. Votre propre majorité s’est absentée lors de l’examen du texte en commission des lois et la gauche – LFI, écologistes, socialistes et GDR – a purement et simplement vidé le texte de sa substance. Fermeture administrative des établissements dangereux : supprimée. Délit de participation aux rave-parties sauvages : supprimé. Interdiction de stade : supprimée. Drones Lapi, anonymisation des agents pour les protéger, vidéosurveillance algorithmique, caméras individuelles : tout ou presque tout le titre III, et jusqu’aux coordinations outre-mer, rayés d’un trait de plume gauchiste, purement et simplement supprimés. Voilà votre riposte : un texte qui arrive en séance exsangue, désarmé, à cause de la désertion de vos propres troupes.Il va donc falloir compter sur nous. Le groupe UDR a déposé des amendements de rétablissement portant sur la fermeture des lieux dangereux, la répression des rave-parties illégales, les drones, la reconnaissance et la protection des policiers, la vidéosurveillance intelligente et les peines planchers pour la récidive. Notre vote dépendra de ce que vous en ferez pendant cette semaine.Au-delà de ce texte, chers collègues, c’est toute une méthode qui s’effondre sous nos yeux, celle d’un pouvoir qui légifère à moitié, qui recule devant ses propres alliés, qui préfère la posture à l’autorité. La France n’en peut plus ; elle ne veut plus de ces demi-mesures, de ces textes détricotés en catimini, de ce double langage qui refuse de nommer les choses.La France veut une riposte pour de vrai : la fermeté, l’ordre, la protection de ceux qui nous protègent. Parce que votre méthode a échoué pendant dix ans, il faudra bien un jour prochain que les Français tranchent. Ils le savent et nous le savons, il existe une candidature qui porte, sans trembler et sans s’excuser, cette exigence de sécurité, d’autorité et de souveraineté populaire, une candidature de rupture avec cette gauche qui protège les délinquants et ce bloc central qui capitule, une candidature de renaissance pour la France, celle de Marine Le Pen. Le peuple français a besoin d’un cap, pas d’un acronyme. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).