Discours du 15 juillet 2026
Matthieu Bloch · Première session extraordinaire 2026 · séance n°14
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Au début de nos débats, nous avions formulé une exigence simple : il faut véritablement riposter contre la délinquance du quotidien, contre les violences qui empoisonnent la vie de nos compatriotes et contre ce sentiment d’impunité qui mine la confiance dans l’autorité de l’État.Mais nous avions aussi constaté qu’en commission des lois, le texte avait été largement vidé de sa substance par la gauche, et nous vous avions prévenu, monsieur le ministre : notre vote dépendrait de l’adoption des amendements de rétablissement des articles supprimés, déposés par le groupe UDR. Aujourd’hui, nous pouvons l’affirmer : la séance publique a permis de corriger une grande partie des dégâts causés en commission, grâce à l’adoption de ces amendements.
Pour autant, nous n’oublions pas ce qui s’est passé dans cet hémicycle.
Une fois encore, la gauche a joué contre la sécurité des Français. Elle a supprimé les dispositions relatives à l’usage de stupéfiants – on le sait, certains à l’extrême gauche sont des consommateurs.Elle a supprimé les aggravations de peines destinées à mieux protéger les victimes d’infractions sexuelles et sexistes dans les transports. Les femmes, trop souvent harcelées, vous remercieront. (Mme Élise Leboucher s’exclame.)Elle a supprimé les dispositions relatives à la vente à la sauvette de tabac : les buralistes vous remercieront. Elle a supprimé la vidéosurveillance en garde à vue : les policiers vous remercieront. Elle a supprimé les coordinations d’outre-mer : nos compatriotes ultramarins vous remercieront. Et surtout, elle est parvenue à faire adopter l’abrogation de l’interdiction administrative de paraître, créée pour lutter contre le narcotrafic : les victimes de ce terrible fléau vous remercieront. Il faudra, mes chers collègues, que chacun assume ses choix devant les Français. Lorsqu’il est proposé des outils pour les protéger, la gauche les supprime – les Français l’ont constaté tout au long de nos débats.Cela étant, le texte qui nous est soumis aujourd’hui n’est plus celui qui était sorti de la commission. Grâce au rétablissement de certaines mesures en séance publique, il retrouve une grande partie de sa portée opérationnelle.
Il reste cependant incomplet et demeure perfectible. La navette devra permettre de corriger les reculs qui subsistent encore, notamment sur l’outre-mer, sur la lutte contre le narcotrafic et sur plusieurs dispositifs de protection des victimes.Mais parce que la séance publique a permis de rétablir l’essentiel, parce que plusieurs dispositions importantes défendues par notre groupe ont été reprises, parce qu’il serait irresponsable de refuser les avancées obtenues au motif qu’elles ne vont pas encore assez loin, le groupe UDR votera ce texte.Monsieur le ministre, je vous avais dit la semaine dernière que la France avait besoin d’un cap et pas d’un acronyme. Certes, grâce à notre appui, vous avez réussi à donner davantage de substance à votre « riposte », en tout cas au niveau législatif. Mais on sait très bien que rien ne changera vraiment sans moyens supplémentaires pour apporter de vraies réponses pénales. Budget de la justice en France : 0,20 point de PIB ; budget moyen de la justice en Europe : 0,31 point de PIB ; moyens de la justice en Allemagne : 0,40 point de PIB – deux fois plus que nous ! Où sont les places de prison promises par Emmanuel Macron ? Où sont les greffiers et les magistrats supplémentaires ?Les Français ne constateront pas de grand changement après l’adoption de votre loi Ripost. Il y a quelques jours, un institut international classait la France au quatre-vingt-dix-neuvième rang des pays en fonction de la sécurité de ses citoyens – quatre-vingt-dix-neuxième, juste entre la Tanzanie et le Gabon ! C’est le triste bilan du macronisme en matière sécuritaire.Ce grand changement sécuritaire attendu par les Français, nous ne pourrons le voir se concrétiser qu’avec l’élection de Marine Le Pen à l’Élysée, dans quelques mois, qui portera sans trembler et sans s’excuser cette exigence de sécurité et d’autorité. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN. – Exclamations sur plusieurs bancs LFI-NFP, EPR et Dem.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).