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Discours du 13 mai 2026

Matthieu Marchio · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°232

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Cet article aborde un sujet de premier ordre pour les territoires de montagne : l’accès aux soins et, plus largement, l’égalité réelle entre les territoires de notre pays. Derrière les discours sur la cohésion territoriale, la réalité vécue par de nombreux habitants de montagne est souvent celle d’un éloignement progressif des services de santé, avec des délais d’accès qui deviennent difficilement acceptables. Quand une maternité ferme, quand un service d’urgence s’éloigne de plusieurs dizaines de kilomètres, quand les temps d’intervention augmentent dans des territoires déjà contraints par le relief ou les conditions climatiques, ce ne sont pas des statistiques abstraites, ce sont des pertes de chances concrètes pour les habitants.Une fois de plus, nous payons des années de décisions prises selon une logique de concentration des moyens et de rationalisation administrative, sans prise en compte suffisante des réalités géographiques. Pour certains, tout devrait être organisé selon des critères de densité ou de rentabilité. Mais la montagne ne peut pas être pensée uniquement à travers des tableaux Excel et des moyennes nationales. L’accès aux soins en montagne suppose une approche adaptée aux distances, à l’enclavement, à la saisonnalité et aux contraintes de circulation.Le mérite de cet article est précisément de réintroduire cette réalité territoriale dans les politiques de santé. La présence renforcée des représentants de la montagne dans les agences régionales de santé va dans le bon sens – même si notre mouvement milite en faveur de la suppression globale de ces structures –, tout comme la prise en compte des délais d’accès aux services essentiels et la reconnaissance que des moyens aériens sont nécessaires dans certains territoires particulièrement enclavés. Car l’égalité territoriale ne consiste pas à appliquer partout les mêmes règles, elle consiste à garantir à chacun un accès effectif aux services essentiels, quelles que soient les contraintes géographiques. Et cela suppose de sortir enfin d’une vision uniformisée de l’aménagement du territoire, qui a trop souvent conduit à éloigner les services publics des populations qui en avaient le plus besoin. Les territoires de montagne ne sont pas les seuls à être concernés par les déserts médicaux, c’est l’ensemble de la ruralité qui l’est. Nous soutenons donc l’idée, mais nous voulons que cette attention soit portée à l’ensemble des territoires en difficulté. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).