Discours du 6 mai 2025
Matthieu Valet · Rapports 2023 et 2024 sur la Turquie (débat)
Monsieur le Président, depuis 2016, les contribuables européens ont versé près de 9 milliards d'euros à la Turquie dans le cadre d'un accord migratoire. 9 milliards, pour quel résultat? Une dépendance stratégique dangereuse, une soumission de fait à un régime de plus en plus autoritaire qui menace nos intérêts, notre sécurité, notre stabilité politique et qui va jusqu'à enfermer ses opposants politiques, comme le maire d'Istanbul. Le président Erdogan utilise les migrants comme un levier de chantage contre l'Europe tout en poursuivant une politique de réislamisation – quand il avait fait croire qu'il avait quitté la doctrine des Frères musulmans – et, de surcroît, d'ingérence dans nos quartiers.
Ce pays ne partage ni notre vision de la démocratie, ni notre projet civilisationnel. Arrêtez de faire miroiter cette adhésion à ce pays depuis 1987. Ayez le courage de dire à la Turquie qu'elle ne rentrera jamais dans l'Union européenne. Il est temps de rendre l'argent aux Européens. Ces milliards peuvent et doivent servir à protéger nos frontières, à soutenir nos soignants, à soutenir nos forces de sécurité qui sont en première ligne dans nos pays d'élection, dont mon pays, la France, et aussi à aider nos agriculteurs, non pas à financer un régime qui nous tourne le dos.
Aujourd'hui, l'Europe est le seul continent au monde qui paye pour son propre affaiblissement, qui laisse l'île de Chypre, qui fait partie de l'Union européenne, occupée illégalement par les Turcs. Ce lent suicide politique doit enfin cesser. L'Europe doit protéger ses intérêts.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.