Discours du 5 mars 2025
Max Mathiasin · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°117
La loi du 16 décembre 2022 a permis aux accompagnants d’élèves en situation de handicap de conclure un contrat à durée indéterminée après trois ans d’exercice et aux assistants d’éducation après six ans d’exercice. Par ailleurs, ils ont bénéficié récemment d’une légère revalorisation de leur rémunération.En plus de la question de la pérennité de l’emploi se pose celle de l’augmentation du temps de travail, afin d’atteindre un niveau de rémunération décent. L’État a créé une indemnité de fonction de 1 529 euros brut par an, pour une AESH exerçant à temps complet. Combien d’heures par semaine représente un temps complet pour une AESH ? Combien d’entre elles travaillent à temps complet ? Elles sont en général à 62 % du temps de travail, ce qui signifie un salaire inférieur à 1 000 euros par mois.Que ce soit en Guadeloupe ou dans les autres territoires ultramarins frappés par la vie chère, où les produits de première nécessité sont 30 à 40 % plus coûteux que dans l’Hexagone, comment une personne peut-elle vivre et faire vivre sa famille, avec un salaire inférieur à 800 ou 900 euros par mois ? Peut-on augmenter le temps de travail ? S’il s’agit du facteur bloquant, peut-on détacher, au moins partiellement, le temps de travail du montant de leur rémunération ?Il y a aujourd’hui plus de 520 000 élèves en situation de handicap pour 140 000 AESH. Si l’on veut que chaque élève bénéficie d’un accompagnement adapté et personnalisé, il faut rendre la profession plus attractive. Il est donc indispensable que les AESH et les assistants d’éducation reçoivent un salaire décent, à la fois digne et attractif.
Les missions d’information et les commissions d’enquête se succèdent à l’Assemblée nationale et au Sénat au sujet de l’eau, qu’il s’agisse de l’eau potable ou de celle qui est mise en bouteille. Il y a encore un an, quand on nourrissait un doute concernant l’eau du robinet, on achetait, dans la mesure du possible, de l’eau en bouteille et on ne se posait aucune question sur sa qualité : par définition, on la supposait assurée.Mais, depuis la révélation du scandale des eaux minérales naturelles Nestlé, la suspicion est partout et se porte sur les industriels comme sur les acteurs publics de l’eau ou encore les autorités de contrôle de l’État. Si les industriels, qui puisent l’eau dans les roches ou les nappes phréatiques profondes, en sont venus à installer certains filtres pour garantir que l’eau qu’ils commercialisent soit propre à la consommation, que peut-on dire de l’eau de ville, qui provient des eaux de surface, bien plus sujettes aux pollutions tout en étant soumises à des normes strictes ?Ces normes sont-elles suffisantes pour pallier la présence de tous les résidus de nitrates, pesticides, métaux, chlordécone, PFAS et autres bactéries ? Toutes nos villes disposent-elles d’infrastructures de traitement et de désinfection, de personnels qualifiés et de la capacité de mener les contrôles sanitaires nécessaires pour garantir à nos concitoyens une eau potable saine ? Des contrôles obligatoires sont-ils prévus après chaque épisode climatique susceptible de polluer les eaux superficielles ? Nos collectivités peuvent-elles assurer les financements et les investissements que suppose une eau potable de qualité ?
Je vous remercie pour ce beau débat sur cette question cruciale. Les pertes d’eau potable liées aux fuites sont estimées à 20 % dans les réseaux de distribution de l’Hexagone. Ce taux peut atteindre 50 % dans certaines petites villes aux réseaux vétustes et mal entretenus. En Guadeloupe, seulement 32 % de l’eau arrive au robinet, selon une étude réalisée en 2022. Ce triste record s’accompagne de « tours d’eau » dans les quartiers, lesquels sont tour à tour alimentés en eau. Certains jours, voire plusieurs jours de suite, il n’y a pas d’eau au robinet.Cela dure depuis des dizaines d’années. Sans compter qu’à chaque événement climatique majeur – on l’a aussi vu à Mayotte –, il n’y a plus d’eau du tout. Il semble que l’on redécouvre à chaque fois la situation. Rien n’est anticipé : les stocks de bouteilles d’eau ne sont pas directement accessibles et il faut plusieurs jours pour les obtenir et les distribuer à la population.Ces problèmes ont des conséquences délétères sur la vie quotidienne de nos concitoyens, mais aussi sur les entreprises, le tourisme, les écoles, lesquelles sont obligées de fermer un mois supplémentaire par an, si l’on cumule tous les jours de fermeture liés aux coupures d’eau. Le gouvernement, qui incitait en 2021 à la création du syndicat unique de l’eau en Guadeloupe, et qui a choisi de nommer un sous-préfet chargé de coordonner et de piloter les dossiers relatifs à l’eau et à l’assainissement, peut-il nous dire quand nous aurons de l’eau au robinet, tous les jours, sans coupure ? Il arrive que nous nous battions contre la chlordécone et les pollutions, mais, en l’occurrence, nous en sommes seulement à demander de l’eau.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).