Discours du 28 avril 2025
Maxime Amblard · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°174
On en reparlera !
Après des années d’errance, d’hésitation, de renoncement, d’électoralisme et d’idéologie, l’ancienne majorité présidentielle semble enfin redécouvrir ce que nous affirmons depuis des années au Rassemblement national : tout, absolument tout, dépend de l’énergie. Sans énergie, il n’y a ni industrie, ni transports, ni chauffage, ni agriculture, ni soins, ni confort. Et sans souveraineté énergétique, la souveraineté nationale elle-même devient un mirage.Cette souveraineté énergétique doit reposer sur un approvisionnement stable, soutenable et accessible à tous. Mais cela présuppose de respecter les lois de la physique, car la physique n’est pas une opinion mais une science, qui n’a d’ailleurs pas changé ces dernières années. Et cette science nous enseigne une vérité simple : l’éolien et le photovoltaïque sont de fausses bonnes idées.
D’une part, parce qu’elles sont des sources d’énergies diffuses : il faut donc dix fois plus de matériaux pour produire un kilowattheure d’électricité éolien ou photovoltaïque qu’un kilowattheure d’électricité nucléaire. D’autre part, parce qu’elles sont intermittentes : elles produisent quand le vent souffle, quand le soleil brille, mais pas quand la société en a besoin. Pour compenser cela, il faut donc doubler ces installations par des centrales électriques pilotables et construire des systèmes de stockage massif. Cela mène à payer deux parcs de production électrique qui ne fonctionnent qu’à moitié et à augmenter le risque de blackout – comme celui que subit, en ce moment même, toute la péninsule ibérique.Alors, la gauche peut bien s’agiter, le centre faire l’autruche, mais la physique est implacable : une source d’énergie intermittente et diffuse sera toujours plus coûteuse qu’une source d’énergie concentrée et pilotable.
C’est, pourquoi, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, nous défendons une voie claire : un mix énergétique pilotable, centralisé, bas-carbone, abondant et abordable, garant de notre souveraineté et de notre prospérité. Pour cela, il est essentiel d’instaurer un moratoire sur l’ensemble des énergies intermittentes en France, en particulier sur l’éolien.Mais il est surtout primordial d’assumer le choix du nucléaire. Pas timidement, pas honteusement : fièrement. En ce sens, et d’ici à 2035, il nous faut mettre tous les moyens en œuvre pour construire au moins 10 gigawatts de nouvelles capacités, tout en augmentant la puissance de nos réacteurs et le facteur de charge du nucléaire à un minimum de 80 %. Et, d’ici à 2050, nous devons doubler la puissance du parc actuel, en construisant au moins 76 gigawatts de nouvelle énergie nucléaire, afin de produire plus de 85 % de notre électricité au milieu du siècle et anticiper ainsi la fermeture des réacteurs actuels.Afin de préparer l’avenir, il faut aussi relancer la recherche sur les réacteurs nucléaires de quatrième génération pour fermer le cycle du combustible et valoriser les milliers d’années de stocks d’uranium appauvri présents sur notre sol.Il est aussi souhaitable de développer la cogénération nucléaire pour récupérer jusqu’à 60 térawattheures de chaleur fatale pour l’industrie et il pourrait être envisageable de déployer, dès 2030, des petits réacteurs modulaires calogènes pour alimenter nos réseaux de chaleur urbains.
Le développement des réseaux de chaleur bas-carbone sera essentiel. Il faut doubler l’usage de ces réseaux à l’horizon 2035 et le tripler d’ici à 2050, en s’appuyant sur la biomasse, la géothermie et le nucléaire : ce doit être un axe fort. Il faut aussi moderniser notre parc hydroélectrique, reprendre le contrôle de nos barrages pour mieux les rénover et multiplier par dix notre capacité de stockage hydraulique, ce qui permettrait de disposer de 8 térawattheures de flexibilité pour notre réseau électrique.La valorisation de la biomasse, notamment des résidus agricoles, permettrait encore d’augmenter la production de biogaz à injection directe, suivant un objectif de production de 40 térawattheures d’ici à 2035 et de 60 térawattheures à l’horizon 2050, en veillant toutefois à ne pas détourner nos terres de leur vocation nourricière.L’hydrogène, planche de salut de la décarbonation de notre industrie, produit en France par électrolyse et par l’exploitation de l’hydrogène blanc, devra quant à lui produire 50 térawattheures d’ici à 2035, et 165 térawattheures à l’horizon 2050.L’exploitation des calories présentes sous terre et dans l’air sera enfin essentielle. La géothermie doit être massivement développée pour produire une vingtaine de térawattheures en 2050, tandis qu’on peut fixer l’objectif de 150 térawattheures pour les pompes à chaleur.Tout cela nous permettra de doubler notre production électrique d’ici à 2050. Nous aurons ainsi vaincu notre dépendance aux énergies fossiles et atteint un mix énergétique final contenant au moins 60 % d’énergie bas-carbone en 2035 et 95 % en 2050, contre environ 37 % aujourd’hui.Et, surtout, il nous faut produire avant de contraindre. Pas d’interdictions sans solutions. Pas de pénalités sans alternatives. Voilà ce qu’est une véritable politique énergétique. Pas une fuite en avant utopiste. Pas un retour à la bougie. (Mme Julie Laernoes s’exclame.) Les Français méritent mieux : ils méritent une stratégie réfléchie, un cap clair, une vision de long terme. Ils méritent un gouvernement qui comprenne enfin que la souveraineté énergétique n’est pas un sujet secondaire, mais le socle de notre puissance, que nous voulons française. (Applaudissements sur les bancs RN et UDR.)
Répéter des mensonges n’en fera pas des vérités !
Je parle des nouveaux réacteurs !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).