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Discours du 16 juin 2025

Maxime Amblard · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°241

J’aimerais, à cette tribune, pouvoir me réjouir.Me réjouir d’abord d’une prise de conscience, même tardive. Après des années d’errance, de renoncements, d’inconstance, de revirements empreints d’idéologie, d’électoralisme, voire de lâcheté, voilà enfin que l’on s’accorde à reconnaître que l’énergie n’est pas un sujet périphérique mais l’ossature même de notre souveraineté !Me réjouir ensuite d’un tournant – du moins en apparence –, car trois ans après la prétendue relance du nucléaire, nous sommes contraints de constater qu’au-delà des discours, rien n’avance vraiment. Pouvait-il en être autrement de la part de ceux qui, deux ans auparavant, fermaient Fessenheim, l’une des centrales les plus sûres du pays, pour satisfaire à une idéologie hors-sol ?Me réjouir enfin d’une victoire : celle d’avoir obtenu, grâce à Marine Le Pen et au poids politique du Rassemblement national, l’ouverture de ce débat indispensable. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Indispensable, car il n’y a pas de nation puissante sans un approvisionnement énergétique abondant, décarboné, durable et abordable.J’aimerais pouvoir me réjouir de tout cela mais, hélas, les dogmes ont la peau dure. Les croyances absurdes, les raisonnements paresseux, les slogans creux : tous flottent encore dans cet hémicycle comme les vestiges d’une époque où l’on croyait que l’énergie pouvait se gouverner à coups de vœux pieux.Au centre, la majorité devenue minoritaire, incapable de choisir, gère notre avenir énergétique comme un gestionnaire de portefeuille boursier : un peu de tout, sans hiérarchie ni cohérence, comme si toutes les sources d’énergie se valaient. De l’EPR, du SMR, du solaire, de l’éolien, de l’hydrogène, du biogaz et même de l’hydrolien... La Macronie saupoudre un argent essentiel et gaspille un temps précieux.À gauche, au moins, on a le mérite de choisir. Choisir la décroissance, où le confort moderne devient presque un péché, où l’on rêve d’un monde 100 % renouvelable, comme s’il s’agissait d’un retour vertueux à un âge d’or pastoral. Soyez assurés, chers collègues de gauche, qu’en plus de partager votre objectif louable, la réduction de notre empreinte carbone, j’aimerais pouvoir partager votre vision. Le problème, c’est qu’elle fait l’impasse sur un point essentiel : l’appauvrissement de la France et des Français. Pour vous, cela semble un détail. Pour nous, au Rassemblement national, c’est inacceptable.Alors que vous vous enfermez dans une écologie du renoncement, punitive, déconnectée du réel, fascinée par l’idée d’un monde sans industrie, sans machine, sans confort, sans ambition, qui ressemble plus à la résignation et à l’abandon qu’au progrès et à la prospérité, au Rassemblement national, nous décidons d’emprunter un autre chemin. Celui d’un approvisionnement énergétique abondant, décarboné, durable et abordable. Celui qui redonnera à la France sa pleine souveraineté énergétique. Celui qui permettra de réindustrialiser le pays, de réduire une empreinte carbone aujourd’hui massivement exportée, de vivre confortablement dans une société moderne et de donner à notre nation les moyens de dépolluer, de reboiser, de recycler, de préserver notre environnement. En somme, de prospérer, au lieu de régresser.C’est pour cela qu’au Rassemblement national, nous ne rejetons aucune solution par principe. Mais ne pas exclure ne signifie pas tout accepter et la lucidité doit être accompagnée de discernement. Non, toutes les sources d’énergie décarbonées ne se valent pas, ne vous en déplaise. Quoi de mieux que d’en revenir à la physique pour nous éclairer sur un sujet éminemment scientifique ?

La physique, elle, ne ment pas : les énergies pilotables et concentrées sont et seront toujours bien plus efficaces et bien plus facilement exploitables que les énergies diffuses et intermittentes.Eh oui, mes chers collègues, il faut vingt fois plus de matériaux pour produire un kilowattheure d’électricité éolienne ou photovoltaïque que pour produire un kilowattheure nucléaire ou hydraulique. C’est comme ça, c’est un fait. Certains peuvent bien trafiquer les chiffres, déformer les analyses et adapter les hypothèses à leur idéologie, mais la réalité est implacable.

C’est pourquoi, au Rassemblement national, nous assumons pleinement de faire un choix : celui de donner la priorité aux sources décarbonées, pilotables et concentrées. Nucléaire, hydraulique, biomasse, géothermie, aérothermie et biogaz : c’est cela qui rendra possible la prospérité sans culpabilité, la décarbonation sans punition.Alors que la science nous éclaire, la bêtise humaine, pendant des années, a produit de l’obscurité. (Sourires sur les bancs du groupe RN. – M. Thierry Tesson applaudit.) Freins administratifs, normes absurdes, étouffement financier, stratégies de désoptimisation volontaire ont transformé une énergie nucléaire et un mix électrique français, pourtant physiquement optimal et exemplaire, en victime expiatoire d’un sabotage organisé. Résultat : une filière freinée, des délais allongés, des coûts gonflés, avec comme conséquences une hausse des prix pour les Français, une décarbonation plus lente pour le pays et une souveraineté énergétique plus compromise que jamais.Cette hausse des prix, il est désormais impératif de l’enrayer. C’est pourquoi nous nous opposerons fermement à toute mesure qui pèserait encore davantage sur la facture des Français (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Qu’il s’agisse de nouvelles taxes, d’un prix du nucléaire artificiellement gonflé – comme vous l’appréciez tant ! –, de délais interminables pour déployer des capacités pilotables ou du gaspillage dogmatique de milliards dans des sources intermittentes et diffuses comme l’éolien ou le photovoltaïque : tout cela serait tout simplement inacceptable.Mes chers collègues, il est temps, avec le débat qui s’ouvre, d’en finir avec trente années de politiques énergétiques absurdes et de se doter enfin d’une programmation énergétique à la hauteur des enjeux.Il nous faut une énergie abondante pour produire, une énergie décarbonée pour préserver, une énergie durable pour stabiliser, une énergie abordable pour soulager. Parce que la France ne mérite pas moins, parce que les Français n’en attendent pas moins et parce qu’au Rassemblement national, nous n’accepterons pas moins. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Pour quelles dépenses ?

Les énergies décarbonées, c’est bien, mais si elles sont intermittentes et diffuses, elles coûtent cher. Comme nous avons le souci du pouvoir d’achat des Français, nous proposons, à l’alinéa 2, de supprimer la mention des installations solaires et éoliennes, qui sont des énergies intermittentes et diffuses, pour ne garder que les énergies décarbonées pilotables et concentrées.

Par ce sous-amendement, nous insistons sur la nécessité de mettre l’accent sur les coûts du système, de manière à ne prendre en considération que certaines sources d’énergie. Par rapport au coût de production, le coût du système permet d’intégrer aussi le coût de stabilisation du réseau, le coût d’intégration et le coût de stockage ; on s’aperçoit alors que les énergies intermittentes et diffuses ne sont pas – ô surprise ! – moins chères que les énergies pilotables et concentrées.

Afin d’éviter que nos chers collègues de gauche ne continuent d’asséner que le nucléaire coûte trop cher, ce sous-amendement vise à sécuriser sa méthode de financement, notamment à travers le taux d’actualisation. En effet, le nucléaire ayant un coût fixe très élevé, le coût de production de l’énergie nucléaire dépend énormément de celui-ci. Si le taux d’actualisation passe de 2 % à 7 %, comme c’est le cas aujourd’hui, le prix de l’électricité nucléaire varie du simple au double – imaginez si l’on passait à 12 % : il varierait du simple au quadruple ! Le taux d’actualisation étant un caractère dimensionnant du prix de l’électricité nucléaire, je propose de limiter le taux d’actualisation à 2 %, afin que l’électricité nucléaire ne soit pas trop chère.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).