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Discours du 17 juin 2025

Maxime Amblard · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°245

N’importe quoi !

Ils visent à rétablir l’article 3 afin de redonner une véritable ambition nucléaire à notre pays, qui en a cruellement besoin. Il s’agissait initialement d’un amendement unique, qui a malheureusement été découpé par les services de l’Assemblée. Du coup, l’adoption de l’un ferait tomber l’autre. C’est pourquoi je vais retirer les deux, au bénéfice de mes sous-amendements à l’amendement du rapporteur – qui, pour sa part, n’a pas été découpé… –, afin de redonner un peu d’ambition à la politique de relance du nucléaire en France. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Mon intervention sera moins longue que ce tunnel d’inepties. (Exclamations sur quelques bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)Vous proposez, monsieur le rapporteur, que la politique énergétique nationale ait notamment pour objectif « d’augmenter la disponibilité des capacités [nucléaires] installées ». Je suppose que vous parlez du facteur de charge, question qui fera d’ailleurs l’objet d’un amendement ultérieur. En tout cas, je propose de remplacer le mot « augmenter » par le terme « maximiser ». En effet, en maximisant la disponibilité de notre parc nucléaire, donc sa production, nous ferions mécaniquement baisser les coûts de production – tout le monde en serait ravi, même les écologistes, j’espère.

Cet objectif serait plus concret. Augmenter la production, c’est bien – il faudrait d’ailleurs savoir jusqu’où ; la maximiser, c’est mieux. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Parlez-en aux Espagnols !

Mes collègues d’en face ne vont pas être déçus ! (Sourires.)Le programme du Rassemblement national fixe l’objectif de décarboner notre mix énergétique, mais pas au prix de l’appauvrissement de la France et des Français. Il s’agit de garantir une production d’énergie finale d’environ 1 400 térawattheures d’ici à 2050, sans recours aux énergies fossiles. En cohérence, nous avons une ambition forte sur le nucléaire, car c’est la seule source d’énergie décarbonée, pilotable et concentrée qui nous permette de satisfaire à ces exigences.Au Rassemblement national, nous proposons trois phases de construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Ainsi, la construction d’au moins 12 gigawatts de nouvelles capacités serait engagée au plus tard d’ici à 2026, pour une mise en route commerciale entre 2034 et 2037 – désolé, monsieur le ministre, nous sommes plus ambitieux que le gouvernement !Puis, la construction d’au moins 12 gigawatts de nouvelles capacités serait engagée au plus tard d’ici à 2030, pour une mise en route commerciale entre 2037 et 2040.Enfin, pour anticiper et compenser la fermeture progressive des réacteurs du parc historique – chaque fermeture sera décidée par l’ASNR sur des bases techniques et scientifiques, personne ne le remet en question, étant entendu que ces réacteurs avaient été conçus pour fonctionner non pas quarante ans précisément, mais au moins quarante ans –, la construction d’au moins 46 gigawatts de nouvelles capacités serait engagée au plus tard d’ici à 2035, pour une mise en route commerciale après 2040. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)

Ce sous-amendement de repli propose de reprendre l’ambition affichée par le gouvernement il y a quelques années, à la suite de la crise du prix de l’électricité, de construire non pas six, puis huit EPR 2, mais vingt réacteurs en tout. Cet objectif me semble plus pertinent.

Je propose de faire preuve d’un peu plus d’ambition encore en ajoutant un objectif de développement d’une filière de production et de retraitement-recyclage du combustible destiné aux réacteurs de quatrième génération d’ici 2040 – une échéance qui me semble raisonnable pour leur déploiement et pour la fermeture du cycle du combustible.

L’amendement no 803 vise à introduire un objectif de développement de la production de chaleur. Le rendement électrique d’une machine thermique fonctionnant au charbon, au gaz ou grâce à un combustible nucléaire est d’environ 33 % – c’est ainsi que fonctionne une cocotte-minute –, mais la cogénération est possible pour valoriser la chaleur résiduelle.J’en profite pour soumettre l’idée que la chaleur destinée aux réseaux de chaleur urbains pourrait être produite par de petits réacteurs calogènes.Les amendements nos 806 et 807 pourraient fournir une réponse que l’extrême gauche, faute de maîtriser le sujet, peine à apporter à sa propre question : comment produire plus d’électricité dans les dix années qui viennent, avant que les nouveaux réacteurs soient mis en service ?En commençant par augmenter le facteur de charge du parc nucléaire d’au moins 72 % en 2030, et de 85 % en 2050, pour une production supplémentaire d’électricité de 40 térawattheures par an. Les États-Unis ont déjà relevé le facteur de charge de leurs réacteurs.

Ensuite, en augmentant la puissance des réacteurs du parc existant – ce que le gouvernement avait déjà autorisé pour faire face à une précédente crise de l’électricité. Variant entre 3 % et 5 % selon les réacteurs, cette augmentation procurerait 3 gigawatts d’électricité supplémentaire, soit 30 térawattheures par an.

Au total, ce sont 70 térawattheures de plus qui pourraient être produits chaque année, si ces amendements étaient votés et leurs mesures appliquées. Dans la dernière PPE – programmation pluriannuelle de l’énergie –, le développement excessif de l’éolien et du photovoltaïque était justifié par la recherche de 80 térawattheures : avec mes propositions, ne peut-on pas considérer que ce problème est réglé…

…et qu’on peut se passer de sources d’énergies intermittentes ?

Inspirés par une bonne idée du rapporteur, nous proposons d’ajouter un objectif d’amélioration de l’information et de la transparence sur les coûts du nucléaire, sujet que nous n’avons pas peur d’aborder.Je relève que, bien que M. Armand manifeste une ambition très forte pour l’industrie nucléaire, le gouvernement ne parvient même pas à exprimer ses visées pour l’avenir du pays. Pourtant, les ministres n’ont pas à craindre d’avoir des comptes à rendre puisque, a priori, ils ne seront plus là dans cinq ou dix ans.

Le gouvernement manque d’ambition, de courage et de volontarisme.

Il renonce à relancer avec ambition le nucléaire, quand le rapporteur, qui est pourtant de son bord, se propose de le faire. Il est assez fou que ce soit au Rassemblement national d’améliorer l’amendement d’un gouvernement totalement dépourvu d’ambition en y reportant le volontarisme du rapporteur !

Augmenter la disponibilité des capacités installées, comme le prévoyait l’amendement du rapporteur, était une ambition louable. Je ne comprends pas que le gouvernement l’abandonne. Il revient donc au Rassemblement national de faire correspondre les ambitions du rapporteur avec celles de son propre gouvernement.

Mea maxima culpa : ce sous-amendement aurait dû être identique au sous-amendement no 804 à l’amendement no 503 du rapporteur, mais celui-ci comportait une coquille et était erroné. Je recommencerai donc à zéro.

Fidèle au programme du Rassemblement national, ce sous-amendement décline l’objectif de construction de nouveaux réacteurs nucléaires en trois phases de 16 gigawatts chacune. La première doit être engagée au plus tard d’ici à 2026, pour une mise en route commerciale entre 2034 et 2037 ; la deuxième doit être engagée au plus tard d’ici à 2030, pour une mise en route commerciale entre 2037 et 2040 ; la troisième doit être engagée à partir de 2035, pour un déploiement les années qui suivent.Ce programme nucléaire est plus ambitieux que celui du rapporteur et que celui du gouvernement. Il nous paraît nécessaire afin d’approvisionner la France en une énergie bas-carbone abondante et, surtout, d’un prix abordable. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).