Discours du 16 juin 2026
Maxime Amblard · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°272
Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.
Vendredi dernier, dans la continuité de votre programmation pluriannuelle de l’énergie, PPE 3, adoptée dans le dos du Parlement, vous avez lancé en grande pompe l’AO10, votre méga appel d’offres pour l’éolien en mer : près de 10 gigawatts à 100 euros le mégawattheure, garanti pendant vingt-cinq ans. (M. Benjamin Lucas-Lundy s’exclame.)Vous prétendez ainsi vouloir « changer d’échelle ». Avec votre politique, la seule chose qui va changer d’échelle, c’est la facture des Français. Mais allons-y : changeons d’échelle, prenons de la hauteur et dressons le bilan que vous ne faites jamais ! Depuis des années, les gouvernements successifs ont englouti 140 milliards d’euros, dont 100 milliards encore à dépenser, dans la perfusion continue à l’éolien et au photovoltaïque pour produire à peine 15 % de notre électricité – et même pas quand nous en avons besoin.Dans le même temps, la facture d’électricité des Français a explosé de 40 % depuis 2017. Elle est désormais 1,4 fois plus chère qu’aux États-Unis, et nous battons tous les records de défaillances d’entreprises. Résultat : la consommation est en berne et les objectifs d’électrification sont à la ramasse, au point que RTE prévoit en 2035 au mieux 580 térawattheures de consommation d’électricité, alors même que notre parc actuel peut déjà en produire jusqu’à 630 par an.Nous n’avons donc aucun besoin de nouvelle capacité jusqu’à l’arrivée des prochains réacteurs nucléaires. Aucun.
Or c’est précisément dans ce contexte que vous décidez d’ajouter 10 gigawatts de puissance éolienne, soit 26 à 32 térawattheures par an. Or avec votre contrat sur la différence – CFD – à 100 euros par mégawattheure, si l’électricité continue de valoir sur le marché seulement 50 à 60 euros, voire moins – et j’ose espérer que tout le monde ici s’accorde à souhaiter que les prix de marché restent bas –, ce sont 25 à 40 milliards d’euros minimum qu’il faudra rajouter en subventions à une ardoise déjà bien salée.Voilà tout votre génie stratégique : continuer à déployer au prix fort des éoliennes et du photovoltaïque subventionnés dont nous n’avons pas besoin, puis favoriser une consommation qui fait défaut, grâce à – je vous le donne en mille – de nouvelles subventions. Vraiment du génie !Combien de dizaines de milliards comptez-vous encore engloutir pour brasser du vent, avant de vous soucier enfin de la souveraineté énergétique de notre pays ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Monsieur le ministre, au bout d’un moment, cela devient tellement gros que cela ne passe plus. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).