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Discours du 1 juillet 2026

Mélanie Thomin · Première session extraordinaire 2026 · séance n°1

Hier, des collègues ont évoqué dans cet hémicycle les conséquences dramatiques de la canicule sur l’agriculture. J’apporte à mon tour tout notre soutien aux éleveurs confrontés à une catastrophe d’un traumatisme inouï (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC – Mmes Mme Géraldine Bannier et Justine Gruet applaudissent également), particulièrement en Bretagne et dans le Finistère, où des centaines de milliers d’animaux sont morts – près de 6 600 tonnes – sous l’effet de la chaleur. Tous les modes de production – conventionnel, bio, Label rouge – sont sinistrés.Je salue aussi les services de l’État, mobilisés dans l’urgence, qui font ce qu’ils peuvent avec les moyens dont ils disposent. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC. – Mme Constance Le Grip et M. Éric Bothorel applaudissent également.) La réalité est là : les élevages suffoquent, les cultures brûlent, les vergers souffrent, les forêts et les landes s’embrasent, les océans se réchauffent, la biodiversité recule. Les rendements agricoles s’annoncent critiques et, derrière eux, des exploitations déjà fragilisées risquent de subir de nouvelles pertes économiques majeures. Nous ne sommes que le 1er juillet et, alors que l’été vient à peine de démarrer, l’eau manque déjà ; les sols sont dans un état alarmant. Cet épisode climatique n’est pas une parenthèse : il est appelé à se répéter. Depuis des années, les scientifiques nous mettent en garde. C’est une réalité que chacun ressent désormais.Hier, madame la ministre de l’agriculture, vous avez concédé que, lorsque des volailles meurent par plus de 40 degrés, la politique n’y peut rien. À quoi servez-vous ?

La gestion permanente des crises ne peut pas être la finalité de votre ministère. Votre gouvernement gère l’urgence et intervient toujours post-catastrophe – après les animaux morts, après les pertes de productions, après les sinistres : il constate, quand il faudrait planifier ; il indemnise quand il faudrait adapter ; et il supprime le fonds Vert destiné aux collectivités. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et sur quelques bancs du groupe EcoS.)

Votre projet de loi agricole ne répond en rien à l’urgence climatique. Pire, il entérine des régressions majeures : sur l’élevage, alors qu’un vaste plan de modernisation des bâtiments est indispensable ; sur l’eau, alors que la ressource se raréfie et que la sobriété devrait être la règle, au service de tous les usagers.Quand passerez-vous de la gestion de crise à une véritable politique d’anticipation du réchauffement climatique ? L’agriculture française a besoin de vision, pas de régression. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC, dont plusieurs députés se lèvent, ainsi que sur quelques bancs des groupes EcoS et GDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).