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Discours du 22 janvier 2025

Mélissa Camara · Liens entre la criminalité organisée et le trafic de migrants, à la lumière des récents rapports des Nations unies (débat)

Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je voulais aujourd’hui adresser un message à ceux qui refusent de voir la vérité. Je veux rappeler une vérité: les exilés ne quittent pas leur pays par plaisir. Ils ne partent pas par envie. Ils fuient. Ils fuient la guerre, la misère, les persécutions. Ils fuient parce que rester, c’est mourir.

Le 19 juillet 2023, Fati et Marie, sa fille de six ans, sont retrouvées mortes de soif dans le désert libyen. Elles tentaient d’atteindre la Tunisie. Le père, séparé d’elles dans le chaos de l’exil, a déclaré «J’aurais préféré mourir avec elles. J’aurais préféré que l’on retrouve trois cadavres dans le désert».

Est-ce cela notre humanité? Est-ce cette fatalité que nous acceptons en détournant le regard? La seule réponse digne, c’est la création de couloirs humanitaires sécurisés. La seule réponse, ce sont des voies légales et sûres, qui offrent une voie de secours aux traversées mortelles et brisent les chaînes des réseaux criminels. La seule réponse efficace, c’est garantir que l’argent européen dépensé dans des pays tiers au nom de la gestion des migrations ne serve pas à financer des violations des droits de l’homme.

Nous avons le devoir d’agir. Nous avons le pouvoir d’agir, de choisir entre l’indifférence et l’action. Plus jamais nous ne devons permettre que des hommes, des femmes et des enfants soient condamnés à mourir d’espoir.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.