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Discours du 25 novembre 2025

Mereana Reid Arbelot · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°68

Je partage toutes les inquiétudes exprimées par mes collègues, notamment sur les nombreux chantiers à entreprendre : il reste beaucoup à faire en Guyane, peut-être parce que, jusqu’à présent, pas grand-chose n’y a été fait. Certes, la Guyane est le seul territoire ultramarin qui n’est pas insulaire, mais c’est un océan vert, confronté à des difficultés de liaison similaires à celles d’une île ou d’un archipel. Les habitants se déplacent difficilement de village en village, de ville en ville, tant nous manquons de routes.Quand on relit l’histoire du territoire, comme l’ont rappelé les intervenants de la première partie, on constate qu’on a tout pris aux Guyanais : leur terre et leurs ancêtres. Vous avez évoqué les terres qu’on ne peut restituer au motif qu’elles ne sont pas aménageables, et ces propos me fendent le cœur : ces terres étaient les leurs ! Il est difficile d’accepter qu’on ne puisse leur rendre ce qui leur appartenait. Et qu’a fait l’État de ces terres non aménageables, ou plutôt non aménagées ? Il faut agir.Quand je dis qu’on a pris aux Guyanais leurs ancêtres, je pense aux ancêtres des Kali’nas, arrivés vivants dans l’Hexagone et morts de froid dans des zoos humains, et dont les restes n’ont toujours pas été ramenés en Guyane. Cela fait pourtant trois ans que nous demandons la restitution de ces corps.On leur prend tout et on ne leur rend rien. On a pris leur dignité aux Guyanais, à toutes ces communautés guyanaises. Je veux bien que vous nous parliez de technique et de chantiers, mais rendez-leur la dignité.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).