Discours du 8 juillet 2026
Michaël Taverne · Première session extraordinaire 2026 · séance n°7
Cet amendement de mon collègue Yoann Gillet vise également à rétablir l’article 1er. Il importe de recontextualiser les choses : depuis des années, les policiers et les gendarmes sont victimes d’une utilisation détournée des mortiers d’artifice : la voyoucratie s’en sert pour les blesser, voire les tuer. Lorsqu’il était ministre de l’intérieur, il y a quelques années, Gérald Darmanin avait déjà dit qu’il fallait s’attaquer à ce problème. Nous sommes en 2026 et rien n’a été fait. Si vous nous proposez ce texte, censé apporter une réponse adaptée, c’est tout simplement parce que vous avez échoué pendant dix ans. Vous répétez du matin au soir qu’il faut protéger les policiers, mais il s’avère que pendant toutes ces années, vous n’avez strictement rien fait.L’amendement comporte un ajout par rapport au texte initial de l’article : nous proposons que les commerces qui vendent ce genre d’engins pyrotechniques puissent être soumis à une fermeture administrative par le maire.Il faut rétablir l’article 1er et soutenir ce texte. Il faut surtout que les députés macronistes soient présents, car si l’article a été supprimé en commission des lois, c’est notamment du fait de leur absence. Parler du matin au soir, c’est bien beau, mais l’essentiel, c’est d’être là.
En commission des lois, mon cher collègue, nous étions là ! Vous, vous étiez deux ou trois, grand maximum.
Vous n’arrêtez pas de parler, mais pour assurer la sécurité des Français, il faut être présent. Et, pendant dix ans, vous n’avez rien fait. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Nous voterons pour les amendements de rétablissement de l’article et contre les sous-amendements de l’extrême gauche, laquelle sous-estime le phénomène en question.Les fermetures administratives sont une nécessité. Après la loi sur le narcotrafic, de nombreux commerces ont fait l’objet d’une fermeture administrative – mesure qui s’est révélée efficace. Je comprends que cela pose problème à nos collègues d’extrême gauche, qui se nourrissent du narcotrafic, un phénomène qu’ils sous-estiment, comme d’habitude.Toutefois, un problème subsiste : comment lutter contre la vente en ligne de ces engins pyrotechniques ? Nous avons reçu des retours des services de police sur ce point.Une solution consisterait également à changer la qualification pénale lorsque les mortiers d’artifice sont utilisés contre les forces de l’ordre. Cependant, il y a des dommages collatéraux : si ce sont bien les policiers et les gendarmes qui sont visés, les personnes se trouvant dans l’environnement immédiat peuvent également être blessées.C’est pourquoi il faut absolument rétablir les peines planchers. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – « Et allez donc ! » sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et SOC.) Dès lors que les voyous utilisent des armes par destination contre les forces de l’ordre, il faut faire passer un message. Le problème est que le gouvernement s’est toujours opposé à leur rétablissement.
Il faut faire preuve de beaucoup plus de fermeté, lutter plus efficacement contre les voyous qui attaquent les forces de l’ordre et, surtout, lutter contre l’idéologie de l’extrême gauche, systématiquement soumise à la voyoucratie. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Nous le répétons depuis des années : il y a un lien entre immigration et insécurité. Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, l’a d’ailleurs lui-même reconnu – comme quoi, tout peut arriver.
L’amendement n° 375 vise à instaurer l’interdiction du territoire français (ITF) comme peine obligatoire à l’encontre de tout étranger coupable d’un délit lié à un produit explosif, privant ainsi le délinquant étranger de sa vocation à demeurer sur le sol de la République. C’est ce que font 95 % des pays du monde : ils expulsent tout étranger condamné pénalement par la justice. Je suppose que vous ne considérez pas le Danemark, qui est gouverné par la gauche, comme un pays fasciste ! Pourtant, il mène cette politique.
L’amendement n° 376 vise à introduire dans le code de la défense une peine complémentaire.
Il permettrait au juge de prononcer l’interdiction d’exercer toute activité de commercialisation de produits explosifs à l’encontre des personnes physiques condamnées pour des délits en matière d’explosifs. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Je remercie les collègues de l’extrême gauche pour leur belle tirade d’une heure et demie – même si elle fut assez longue et ennuyeuse, reconnaissons-le –, durant laquelle ils se sont emparés du sujet des rave-parties pour parler de tout et n’importe quoi : le logement, le climat, la cantine… il s’en est fallu de peu qu’on ne parle de la pointure des participants !Merci également pour votre aveu concernant l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen puisque nous avons ainsi la confirmation que, selon vous, tout ce qui nuit à autrui n’est pas forcément grave – cela étant, nous commençons à avoir l’habitude de vous entendre tenir de tels propos. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Il est bien évident qu’il faut apporter une réponse plus ferme aux raves-parties et créer des délits. L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives ainsi que les services de police ont rédigé des rapports – que vous avez sans doute lus à l’extrême gauche, friands que vous êtes de ce genre de document. Ils aboutissent tous à la même conclusion : on retrouve de l’ecstasy, de la cocaïne et bien d’autres stupéfiants dans ces fêtes.
Cela signifie qu’indirectement, vous nourrissez les organisations criminelles qui se font un blé monstrueux sur le dos des participants. Rien n’est respecté, pas plus la propriété d’autrui que les biens qui s’y trouvent, puisqu’on ne compte plus les dégradations. Contrairement à vous, si je n’ai jamais participé à une rave-party, je sais comment ce type d’événement est encadré et à quoi il peut donner lieu, à savoir des violences contre les policiers et les gendarmes, et la découverte d’armes planquées dans les voitures, comme en attestent les contrôles des coffres lors de barrages. C’était le cas à Sainte-Soline pour ne citer que cet exemple, où on a retrouvé quatre tonnes de pierres, des matraques, des poignards, des machettes, et j’en passe. C’est cela, la réalité des rave-parties ! (Exclamations continues sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Il faut être beaucoup plus ferme contre les rave-parties illégales. Les réputés du Rassemblement national voteront donc contre ces sous-amendements totalement surréalistes et pour les amendements de rétablissement de l’article 2. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).