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Discours du 8 avril 2026

Michel Castellani · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°196

Le réchauffement climatique n’est plus une perspective lointaine ; hélas, c’est une réalité déjà visible – plus ou moins gravement – dans toutes les parties du globe, et de manière particulièrement aiguë dans les territoires situés en limite climatique ou dans les espaces insulaires comme la Corse, frappés par des tempêtes et des catastrophes d’une violence inusitée.Entre 2011 et 2020, le réchauffement climatique a atteint 1,1 °C à l’échelle mondiale. La France affiche déjà une augmentation de 1,7 °C, et les projections – sans ambiguïté – évoquent jusqu’à 4 °C d’ici la fin du siècle, ce qui constituerait un désastre absolu.Autrement dit, le problème est mondial, et certains de nos territoires se trouvent davantage en première ligne que d’autres. Face à cette situation, nous ne pouvons plus nous contenter de réduire nos émissions ; nous devons organiser concrètement l’adaptation de la France – sans parler des autres parties du monde, qui échappent à notre influence directe, même si tout est lié.Le rapport d’information sur l’adaptation de l’aménagement des territoires au changement climatique, auquel notre collègue Constance de Pélichy a contribué, illustre cette réalité. Nous soutiendrons donc la présente proposition de loi, visant à reconnaître une politique nationale d’adaptation au changement climatique, car les effets de ce dernier sont bien présents. Ils se traduisent par des sécheresses plus fréquentes, des inondations plus intenses, le recul du trait de côte, des épisodes de canicule plus longs et plus violents, une pression accrue sur les ressources en eau et l’intensification des risques d’incendie, douloureux et irréversibles, notamment en zone méditerranéenne, tant leur répétition appauvrit la couverture végétale et perturbe le cycle de l’eau.J’en profite pour assurer les personnels des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) de mon amitié et de ma solidarité, adresser un salut fraternel aux amis du Sdis de Bastia et, plus largement, à ceux de Corse. Je connais leur travail irremplaçable et leur engagement, notamment dans les difficiles mois estivaux.Cette évolution négative a naturellement des conséquences très concrètes sur le quotidien : des habitations fragilisées ou menacées, des infrastructures mises sous tension, des rendements agricoles en baisse, des services publics perturbés et, de plus en plus souvent, des territoires difficiles, voire impossibles à assurer, en particulier dans les zones littorales et de montagne, fortement exposées. Nous devons regarder cette réalité en face et agir en conséquence. Le rapport le démontre : le coût de l’inaction serait bien supérieur à celui de l’action.C’est pourquoi nous accueillons favorablement ce texte. Son article 1er constitue une avancée importante : il donne enfin une base législative au plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc) et consacre la trajectoire de réchauffement de référence, cap clair, stable et partagé.Nous saluons également les dispositions de l’article 2. Elles traduisent une évolution nécessaire car il ne faut plus reconstruire à l’identique dans les zones exposées. Nous pourrions d’ailleurs aller plus loin et préciser ce que signifie réellement reconstruire mieux – la notion de reconstruction résiliente est encore trop générale.Des inquiétudes demeurent sur le volet assurantiel. Le coût des sinistres augmente rapidement et certains territoires deviennent progressivement inassurables. Le rapport précité a mis en évidence la fragilité de notre modèle et les difficultés rencontrées par les collectivités, en particulier les plus petites, qui manquent souvent d’ingénierie. Dans ce contexte, la solidarité doit rester au cœur de notre système. C’est pourquoi nous appelons à une réforme équilibrée, qui accompagne l’adaptation sans créer de nouvelles fractures territoriales et sans pénaliser davantage les territoires déjà les plus exposés.À cet égard, nous restons réservés sur la modulation des primes prévue à l’article 3 et nous serons attentifs aux débats sur ce point.Ce texte va dans le bon sens. Il reprend plusieurs orientations que nous avons défendues et envoie un signal utile. C’est pourquoi, vous l’aurez compris, le groupe LIOT votera en faveur de cette proposition de loi.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).