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Discours du 28 avril 2026

Michel Criaud · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°213

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Nous le savons tous, la France fait face à une grave crise du logement : l’offre locative a chuté de 15 % en cinq ans, touchant particulièrement les étudiants, les apprentis et les jeunes actifs ; les mises en chantier de logements ont considérablement baissé ; il y a pratiquement 3 millions de dossiers de demande d’un logement social en attente. Je tiens à préciser que cette crise ne concerne pas uniquement la France mais s’étend à toute l’Europe. En mars dernier, le Parlement européen a d’ailleurs adopté des recommandations sur la crise du logement en Europe, proposant des solutions pour un logement décent, durable et abordable.Au niveau français, le gouvernement a également pris la mesure de l’urgence à agir, notamment par le lancement du plan Relance logement, présenté en début d’année. Cet ensemble de mesures fiscales, financières et réglementaires vise à augmenter le nombre de logements disponibles. Son principal objectif est d’atteindre les 2 millions de logements construits d’ici à 2030, soit un rythme annuel de 400 000 logements. Le plan comprend également un dispositif fiscal, Relance logement, aussi appelé dispositif Jeanbrun, disponible pendant les trois prochaines années. J’insiste sur le fait qu’il est essentiel de poursuivre la construction de nouveaux logements, notamment pour que les villes puissent conserver leur population. En effet, le profil de l’occupant s’est modifié ces dernières années : dans ma commune, par exemple, il y a 1,7 habitant par logement au lieu de 2,1 il y a dix ans, et, plus globalement, les familles séparées ont besoin de logements similaires situés à proximité afin d’assurer plus facilement les gardes alternées.Depuis plusieurs années déjà, les pouvoirs publics tentent d’apporter des solutions à la crise du logement, s’efforçant notamment de faire face à la pénurie de logements dans les zones tendues. Ainsi en 2024, une loi a été adoptée visant à rééquilibrer le marché immobilier en favorisant la location de longue durée plutôt que les locations de courte durée à destination des touristes. Même si ces mesures vont dans le bon sens, elles demeurent concrètement toujours nettement insuffisantes. Aujourd’hui encore, on ne compte plus le nombre de témoignages retraçant les nombreuses difficultés rencontrées pour parvenir à se loger, qu’il s’agisse d’une location ou d’un achat. S’ensuivent des problèmes de recrutement, faute de logement disponible dans des zones tendues, le détournement du bail mobilité et des centaines de dossiers déposés dans l’heure après publication d’une annonce… Se loger dans une grande ville ou en zone tendue est devenu un véritable parcours du combattant pour des jeunes actifs. Un jeune seul, disposant d’un salaire considéré comme confortable et ne pouvant donc prétendre aux aides, est confronté à de grandes difficultés pour réussir à se loger, d’autant que de nombreux propriétaires ayant souscrit à des assurances locatives demandent que le candidat à la location gagne bien plus que le montant du loyer, jusqu’à au moins trois fois.La semaine dernière, le gouvernement a annoncé un projet de loi ambitieux pour relancer le logement et transformer durablement les territoires, et vous en avez présenté les grands axes. Votre ambition est claire : bâtir pour vivre, bâtir mieux et bâtir pour tous. Vous annoncez également le lancement du troisième programme de renouvellement urbain. J’ai donc deux questions. Tout d’abord, dans le cycle du logement, ce programme s’inspire-t-il du modèle des années 1950-1970, de ces grands plans de rénovation urbaine avec le développement massif des grands ensembles et des lotissements pavillonnaires ? Deuxièmement, quels leviers sont-ils envisagés pour les acteurs locaux afin d’accélérer les procédures ? Inutile de rappeler, par exemple dans le cadre d’un dispositif ZAC – zone d’aménagement concerté –, la lenteur du montage des dossiers, du zonage, de l’acquisition du foncier ou des îlots urbains si nécessaire, les années d’études diverses et l’acceptabilité à gagner. Obtenir un permis d’aménager prend donc plusieurs années.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).