Discours du 24 mars 2026
Michèle Martinez · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°176
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Ma question s’adresse à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.Les Pyrénées-Orientales comptent de nombreuses zones rurales isolées, confrontées à une désertification médicale particulièrement préoccupante. C’est le cas de la quatrième circonscription, que j’ai l’honneur de représenter. La population y est vieillissante, ce qui accentue les besoins de suivi médical régulier et de proximité. Les habitants rencontrent des difficultés croissantes pour obtenir des rendez-vous, accéder à un médecin traitant ou simplement bénéficier d’une prise en charge rapide. Cela conduit à un renoncement aux soins, et c’est inacceptable. Les Catalans ne sont pas des citoyens de seconde zone et, qu’ils vivent à Perpignan ou dans la montagne, ils ont droit à une couverture de santé digne de ce nom.Des initiatives existent déjà sur le terrain. Je pense notamment aux dispositifs de médecine itinérante, comme le Médicobus, qui permettent d’aller au plus près des populations dans les zones sous-dotées de mon département et de ma circonscription. Ce dispositif offre des solutions concrètes afin d’améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales et de montagne. Le développement de solutions fondées sur des box médicales peut également constituer une alternative utile lorsqu’aucune offre médicale permanente n’existe localement.Ces box s’apparentent à de mini cabinets médicaux autonomes, installés dans une commune. Cette solution ne remplace évidemment pas la présence humaine, indispensable à la qualité du suivi médical, mais elle répond à des besoins immédiats. Hélas, il n’existe qu’une seule box dans les Pyrénées-Orientales. À Perpignan, une cabine de téléconsultation est également disponible ; elle correspond davantage à une borne de consultation à distance comme il en existe en pharmacie. Le déploiement de ces dispositifs repose quasi systématiquement sur l’initiative et les moyens financiers des communes. En clair, nos élus locaux compensent les défaillances de l’État.Le coût d’installation d’une box médicale s’élève en moyenne à 60 000 euros. C’est un montant significatif pour les petites collectivités rurales, qui doivent monter des dossiers administratifs complexes, notamment pour obtenir des financements croisés et européens.L’État entend-il renforcer les moyens consacrés au développement et à l’accompagnement de solutions d’accès aux soins dans les territoires ruraux, qu’il s’agisse de dispositifs itinérants, à l’image du Médicobus, ou de box médicales ? La santé publique ne saurait être le privilège des territoires urbains et aisés.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).