Discours du 25 juin 2025
Michèle Tabarot · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°256
Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.
Après notre débat sur l’Ukraine, nous sommes une nouvelle fois réunis pour évoquer un conflit qui menace les équilibres du monde et suscite une inquiétude légitime parmi nos concitoyens. À cette inquiétude, nous devons répondre avec force, courage et, surtout, fidélité envers nos principes et nos valeurs.Dès lors, je rappellerai trois vérités, fondamentales aux yeux du groupe de la Droite républicaine. Première vérité : Israël a le droit de se défendre face à la menace portée par l’Iran, dont tous les leaders depuis la révolution islamique ont appelé à la destruction de l’État hébreu. La Charte des Nations unies reconnaît le droit naturel de légitime défense face à une agression armée (Mme Alma Dufour s’exclame), comme celles subies par Israël en avril et en octobre 2024 avec le lancement par l’Iran de centaines de drones et de missiles. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et EPR. – Mme Caroline Colombier applaudit également.) La menace, directe, vise l’existence même de l’État israélien, qui a le droit de se protéger.
Deuxième vérité : ce conflit n’a pas été causé par Israël. Il est le résultat direct de décennies de provocations, de menaces et de soutien actif…
…au terrorisme régional de la part du régime iranien, qui cherche depuis plus de quarante ans à se doter de l’arme nucléaire.
Disons-le clairement : Israël et les États-Unis ne déclenchent pas une guerre, ils agissent pour empêcher l’Iran de la gagner.
Calmez-vous, calmez-vous !Troisième vérité : l’action israélienne a été mesurée, ciblée et responsable. Elle a été préparée puis coordonnée avec les États-Unis et elle permet de rappeler que la négociation n’est rien sans un bras armé puissant.
Le rôle de Washington a été décisif dans la préservation de l’équilibre stratégique. Comme l’a rappelé à juste titre le chancelier Merz, il n’y a aucune raison de condamner l’action d’Israël et des États-Unis. C’est une position que nous aurions aimé que la France et l’Union européenne relaient, elles qui ont eu raison de laisser une chance aux négociations mais qui ont donné ensuite l’impression d’hésiter sur la conduite à tenir vis-à-vis de nos alliés.
Nous devons être clairs et déterminés. Ayons le courage de dire qu’Israël et les États-Unis ont agi pour la sécurité de la communauté internationale pendant que certains préféraient détourner le regard ou s’abriter derrière des postures !
Pour nous, le message est clair : le terrorisme d’État iranien ne peut pas rester impuni. Nous en sommes convaincus parce que nous n’avons pas oublié ce qu’est l’Iran des mollahs : un régime terroriste et déstabilisateur pour tout le Proche et le Moyen-Orient mais aussi pour l’Europe, parce que l’Iran a armé la Russie dans le cadre de son agression à l’encontre de l’Ukraine. Depuis 1979, sous le diktat des ayatollahs, l’Iran exporte la violence, la haine de l’Occident et le fanatisme religieux.
Il a commandé des attentats sur tous les continents, violé sans répit le droit international, financé des groupes terroristes comme le Hezbollah, le Hamas ou les houthistes. Ce régime a aussi du sang français sur les mains depuis l’attentat de l’immeuble Drakkar, à Beyrouth, et ceux perpétrés par le Hezbollah à Paris. Voilà le visage de la République islamique d’Iran (Mme Justine Gruet applaudit), que certains ici soutiennent (« Personne ! » sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR. – Exclamations prolongées sur ces mêmes bancs) parce que, derrière un pacifisme de façade, ils sont uniquement animés par une profonde haine d’Israël.
Les prétendus défenseurs des libertés cautionnent un régime qui vient encore de pendre trois personnes ce matin…
…et qui a procédé à plus de 1 000 exécutions l’an dernier. Oui, Téhéran assassine ses opposants et réprime dans le sang les mouvements de contestation de la société civile,…
…qui aspire au changement et a le droit de vivre en liberté, sans oppression ni asservissement des femmes. J’ai d’ailleurs une pensée pour Mahsa Amini, symbole d’une lutte courageuse, assassinée par ce régime pour la seule raison qu’aux yeux de ses dirigeants, elle avait mal porté son voile. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR, RN, EPR, Dem, HOR et UDR.)L’Iran a aussi emprisonné des otages occidentaux pour exercer des chantages ignobles. Nous réclamons toujours la libération de nos compatriotes Cécile Kohler et Jacques Paris. (Mêmes mouvements.) Nous réclamons également la libération des otages israéliens retenus dans la bande de Gaza et la capitulation du Hamas, qui doit s’en retirer. (Mme Béatrice Roullaud applaudit.) En effet, si nous voulons œuvrer pour paix, il faut commencer par lever tous les obstacles. Nous entendons et partageons les appels au renforcement de l’aide humanitaire à Gaza.
Nous saluons aussi l’engagement de la France à défendre Israël contre les attaques subies.
En revanche, nous rejetons les appels précipités à relancer la solution à deux États, car cela reviendrait à offrir une prime à la terreur.
Tant que le Hamas exerce une emprise sur Gaza, toute démarche de ce type serait prématurée et dangereuse.
Monsieur le premier ministre, la trêve entre Israël et l’Iran récemment annoncée semble tenir mais reste malheureusement fragile. Le président de la République a rappelé que la situation demeurait instable. Le risque d’escalade n’est toujours pas écarté. Dans ce contexte, nous devons veiller à la sécurité de nos ressortissants présents dans la région. Nous savons la mobilisation des services diplomatiques et des forces armées françaises, dans des conditions très difficiles. Nous vous demandons de préparer son renforcement pour pouvoir faire face en cas de nouvelle dégradation de la situation. De même, nous appelons à la vigilance pour que le conflit ne vienne pas encore aggraver l’antisémitisme en France, contre lequel nous devons lutter de toutes nos forces.Nous suivrons aussi avec attention les efforts diplomatiques français dans ce dossier, dont la solution ne doit pas dépendre seulement des États-Unis.Dans un contexte géopolitique instable, il est essentiel que nous soyons présents à la table des négociations pour défendre nos valeurs et faire entendre notre voix. Car nous avons noué des alliances stratégiques fortes et entretenons des liens historiques avec de nombreux pays de cette région.L’objectif prioritaire est clair : empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, ce qui exigera des inspections rigoureuses et un soutien résolu à la non-prolifération. En outre, il faudra aller bien au-delà de l’accord de Vienne de 2015 qui n’a pas été respecté.
Nous savons que l’Iran a bâti des sites secrets et poursuivi son programme nucléaire clandestin. Dès lors, il ne faudra plus laisser place à la moindre ambiguïté, à la moindre compromission. En effet, c’était une erreur de croire qu’une normalisation était possible, puisque la levée d’une partie des sanctions a permis à l’Iran de financer le terrorisme.
Ainsi, pour être efficaces, les négociations doivent également porter sur les capacités militaires et balistiques, le soutien au terrorisme et la politique d’influence agressive de l’Iran dans la région.
D’autre part, l’Iran devra coopérer avec les instances internationales afin de faire la lumière sur ses réserves d’uranium enrichi. C’est seulement ainsi que nous pourrons envisager un véritable processus de stabilisation du Proche et du Moyen-Orient, pour le bénéfice du monde entier.Cependant, parce qu’une paix durable suppose fermeté et courage, la France doit rester fidèle à sa vocation : être un acteur résolu face aux menaces qui pèsent sur l’ordre international, comme l’a rappelé M. le premier ministre.
Nous sommes prêts à accompagner vos efforts en ce sens, avec responsabilité mais aussi – vous l’aurez compris – avec une véritable exigence. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et HOR. – Mme Constance Le Grip applaudit également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).