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vie-politique.fr

Discours du 10 février 2026

Murielle Lepvraud · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°143

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, de nombreuses ONG et associations s’inquiètent du poids des lobbys sur les décisions prises par le gouvernement, notamment dans le domaine de l’écologie et de la préservation de la biodiversité. Je partage cette inquiétude. Le Monde a révélé dans un article publié hier qu’une loi sur deux n’était pas appliquée – et l’écologie n’est pas épargnée. Vous accusez ainsi un retard dans l’application des lois relatives à la biodiversité et 100 % des dispositions non appliquées concernant la loi « climat et résilience » sont d’origine parlementaire. Est-ce à dire que le gouvernement privilégie ses propres dispositions et freine l’application des dispositions parlementaires ? Ou le gouvernement cède-t-il trop facilement à ceux qui privilégient le profit au détriment du vivant ?Plusieurs exemples me viennent à l’esprit. Le moratoire sur les politiques de l’eau décrété par Sébastien Lecornu sous pression de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et de la Coordination rurale bloque la décision du schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) de la Vilaine. Celui-ci propose, entre autres, de réduire l’utilisation de certains pesticides près des aires de captage d’eau potable.Je m’interroge également sur la remise en cause de la nomination d’Anne Le Strat à la tête de l’Office français de la biodiversité (OFB) « compte tenu de l’émotion suscitée par cette décision », selon les mots de Mme Barbut, ministre de la transition écologique. Notre émotion ne devrait-elle pas davantage se porter sur les agriculteurs et les riverains malades des pesticides que sur les industriels de la FNSEA qui pourraient voir leurs profits se réduire ?Ces refus de publier les décrets augmentent la colère de ceux qui défendent la biodiversité, une colère légitime face au changement climatique et à l’extinction des espèces. Je m’inquiète d’autant plus lorsque je vois la répression de plus en plus forte du gouvernement à leur égard.Monsieur le ministre, combien de temps le gouvernement va-t-il persister sur cette pente trumpiste qui conjugue régression environnementale et régression des droits humains ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Je vais vous donner un exemple concret du « deux poids, deux mesures » du gouvernement : dans le cadre de la loi Duplomb, les décrets favorisant l’extension des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) n’ont pas traîné alors que ceux autorisant le port d’une caméra par les agents de l’OFB n’ont toujours pas été publiés. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).