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Discours du 2 février 2026

Nathalie Oziol · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°135

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Qu’elle est longue, la fin de règne de la Macronie ! Elle est longue pour le peuple, car plus personne dans le pays ne soutient la politique de ce gouvernement. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Elle est longue pour nous, parlementaires, qui avons à subir le trente et unième 49.3,…

…trente-et-unième coup de force gouvernemental. Mais elle est surtout longue pour vous, mesdames et messieurs les derniers ministres macronistes, qui vous épuisez à déployer l’énergie du désespoir pour avancer contre le courant de l’histoire. Elle est longue pour vous, monsieur Lecornu, contraint de vous désavouer en ayant recours au 49.3, que vous aviez juré de ne jamais utiliser ! Un 49.3 annoncé du bout des lèvres, depuis le banc des ministres, dans un hémicycle vide. À force de mépriser le Parlement, même votre camp est usé par l’autoritarisme dont vous abusez…Cette motion de censure est une nécessité démocratique pour le pays – rappelons que 73 % des Françaises et des Français sont opposés à ce budget. Il est imposé sans majorité parlementaire, rejeté par le pays, et il porte une austérité brutale et idéologique. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Jean-François Rousset s’exclame.) Fini le temps des promesses de dialogue et de compromis ! Promesses qui n’ont berné que ceux qui avaient envie d’être bernés… D’ailleurs, en janvier, le gouvernement ne tenait plus qu’à 32 voix. Vous avez échappé à la censure à 22 voix près la dernière fois, à 19 voix près la précédente.

Qu’elle est longue, la fin de règne de la Macronie, quand tout le monde sait, vous compris, que vous ne tenez qu’à un petit fil d’arrangements de couloirs (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP), puisque le Parti socialiste s’est porté volontaire pour vous accompagner dans votre lente agonie politique. On se rappellera que c’est à cause du groupe socialiste que la motion de censure est examinée ce lundi à 17 heures (Mêmes mouvements) et non pas demain, mardi, qui était pourtant le jour prévu à l’origine pour le vote du budget. Pourquoi ce choix ? Parce qu’il est plus difficile pour les députés de région et pour les députés ultramarins, qui ont voté très majoritairement les deux premières censures, y compris pour ceux du groupe socialiste, d’être présents le lundi. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) Par ailleurs, le mardi est le jour où les députés sont le plus présents à l’Assemblée parce que c’est celui des réunions de groupe et des questions au gouvernement. Il y avait donc davantage de risques pour la social-macronie que, comme lors des précédentes motions, des députés soient convaincus de soutenir celle-ci ou donnent leur délégation de vote à des députés insoumis, communistes ou écologistes présents ce jour-là. (Mêmes mouvements.) Voilà le type de petites manœuvres auxquelles se raccroche le gouvernement pour tenir tant bien que mal !Rappelons aussi que, sur ce budget, le gouvernement n’a tenu aucun de ses engagements. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, qui devait rapporter 2 milliards d’euros ? Finalement, elle rapportera cinq fois moins car elle ne s’attaque pas à l’évasion fiscale. La taxe sur les Gafam ? Abandonnée, du fait des pressions états-uniennes.Le social-macronisme, c’est, avec ce nouveau budget, 35 milliards d’euros de coupes dans les services publics et les collectivités, ce qui représente 650 euros par citoyen en taxes indirectes, en renoncements, en services dégradés. Ce budget organise l’appauvrissement général alors même que la pauvreté en France a atteint un niveau jamais vu. La France, septième puissance économique au monde, compte aujourd’hui plus de 10 millions de pauvres.Le social-macronisme, c’est le démantèlement méthodique des services publics, avec la suppression de plus de 4 000 postes d’enseignants, de 515 postes à France Travail, de 2 milliards d’euros aux collectivités. À quelques semaines des municipales, le gouvernement organise l’impuissance des mairies, y compris des mairies socialistes.

Le social-macronisme, c’est le sabotage de la transition écologique, avec des coupes de 700 millions d’euros pour MaPrimeRénov’ et de 300 millions pour le fonds Vert, qui avait déjà été divisé par deux dans le budget précédent. Le social-macronisme, c’est l’abandon des territoires les plus fragiles, avec 1,5 milliard d’euros de coupes pour l’outre-mer et une baisse de 3 % du budget de l’agriculture par rapport à 2025.

Le social-macronisme, c’est une violence sociale ciblée contre les plus précaires, avec la suppression de la prime de Noël pour les allocataires sans enfant, le gel de l’aide médicale de l’État (AME) et la non-revalorisation de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) au niveau de l’inflation.

Le social-macronisme, c’est une attaque organisée contre le logement social avec la hausse des loyers HLM pour 42 000 ménages, de 30 à 60 euros par mois.

Autrement dit, absolument aucune des vingt mesures du contre-budget présenté par les socialistes en septembre n’a été reprise dans le budget Macron-Lecornu, ni sur les classes populaires, ni sur le plan d’investissement vert, ni sur la mise à contribution des grandes fortunes. Pire, le social-macronisme, c’est le programme du Rassemblement national contre les étrangers (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP), avec la suppression des APL pour les étudiants étrangers extracommunautaires et l’augmentation de 100 euros des titres de séjour.D’ailleurs, puisque ce budget reprend des propositions du Rassemblement national, avec le vote des socialistes, rappelons que le combat contre l’extrême droite, ce n’est pas un slogan le temps d’une campagne législative ou d’une prétendue primaire de la gauche. (Mêmes mouvements.) C’est une bataille permanente, et ça commence par ne céder aucun centimètre quand le gouvernement reprend des mesures du programme du Rassemblement national et même du Front national ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

C’est encore plus vrai au moment où nous parviennent les images des ratonnades organisées par la police de l’immigration de Trump aux États-Unis : chacun peut mesurer ce que fait un gouvernement qui synthétise le libéralisme et l’extrême droite ; il est de notre devoir de nous y opposer en défendant la rupture avec le système néolibéral. Et si les électrices et les électeurs ont majoritairement voté pour les candidates et les candidats du Nouveau Front populaire en juin 2024, ce n’était pas pour qu’on jette notre programme de rupture à la poubelle aussitôt élus, mais pour qu’on le mette en œuvre durant les semaines, les mois et les années à venir. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est bien le Parti socialiste qui s’isole quand il tourne le dos aux engagements et au programme du NFP, pendant que la très grande majorité des députés écologistes et communistes et 100 % des députés Insoumis votent systématiquement les motions de censure !C’est dans ce contexte politique global qu’auront lieu, dans six semaines, les élections municipales. L’offre politique se clarifie dans le pays : le bloc libéral, l’extrême droite,…

…et le bloc populaire, social, progressiste, écologiste de celles et ceux qui tiennent la ligne de la rupture, nationalement et localement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) On aura compris que le petit calcul du Parti socialiste, c’est de s’éviter une double campagne, législative et municipale,…

…car il est terrifié à l’idée de perdre des élus. Collègues socialistes, qui peut dire quelle est votre vision globale pour le pays alors que vous changez de position à chaque nouveau chantage du gouvernement ? (Mêmes mouvements.) Nous, les Insoumis, ne perdons jamais de vue l’objectif qui dicte notre action politique : tourner la page du macronisme et de ses relais politiques nationaux et locaux.C’est dans ce contexte que des représentants, des militants et des élus écologistes ont lancé une tribune dans laquelle ils revendiquent leur désaccord avec la ligne qui consiste à préférer les alliances avec le Parti socialiste…

…et qu’ils choisissent l’écologie de rupture. Alors que les effets de la crise climatique ne se sont jamais aussi fortement fait sentir, alors que le droit international est remis en question en plusieurs endroits du globe, à commencer par Gaza, où le génocide est toujours en cours, sous nos yeux, alors que l’extrême droite s’organise à l’échelle mondiale, je salue celles et ceux qui refusent que le projet antiproductiviste, anticapitaliste et antiraciste soit associé à la coalition PS-macroniste. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Les premiers signataires étaient au nombre de 50, il y a une semaine ; ils et elles sont désormais plus de 600 à revendiquer le programme, la stratégie et le périmètre politique du Nouveau Front populaire !À celles et ceux qui nous écoutent : regardez comment votent vos députés à l’Assemblée,…

…regardez qui censure et qui ne censure pas le gouvernement,…

…et vous saurez qui est capable de tenir une ligne de rupture ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Après les élections municipales, il y aura des élections sénatoriales, une élection présidentielle et des élections législatives. Autrement dit, ce qui se passe politiquement aujourd’hui clarifie l’offre politique…

…pour les séquences électorales qui vont s’ouvrir en 2026 et en 2027. (Mêmes mouvements.)J’en profite pour rappeler qu’il ne reste plus que deux jours pour s’inscrire sur les listes électorales sur internet et quatre jours pour s’inscrire en mairie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Je conclus sur une célèbre citation de Louise Michel, figure de la Commune de Paris, militante révolutionnaire et féministe du XIXe siècle : « J’ignore où se livrera le combat entre le vieux monde et le nouveau, mais peu importe : j’y serai. » Tôt ou tard, nous y arriverons, aujourd’hui ou un autre jour. Peu importe où aura lieu la bataille entre le vieux monde libéral et le nouveau monde que nous défendons : nous y serons. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent et applaudissent.)

Ils veulent que vous partiez !

Ce que l’on attend, c’est votre départ !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).