Discours du 18 décembre 2024
Nicolas Bay · Préparation du Conseil européen des 19 et 20 décembre 2024 (débat)
Madame la Présidente, le Conseil européen sera largement consacré à la situation au Moyen-Orient, et je pense qu’il faut éviter toute forme de naïveté. Qui peut croire raisonnablement que les troupes et les dirigeants d’Al-Qaida, qui ont commis les pires atrocités en Syrie ces dernières années, se sont mués en gentils démocrates avec lesquels nous pourrions travailler et coopérer. C’est évidemment totalement illusoire, et tout le monde sait que la Turquie islamiste a contribué lourdement à installer les islamistes au pouvoir dans ce pays. Alors, arrêtons de traiter Erdoğan avec tant d’égards. Arrêtons de traiter la Turquie islamiste comme un partenaire fiable. Arrêtons, Madame von der Leyen, de lui verser des milliards et des milliards – et encore 1 milliard, que vous avez annoncé il y a seulement quelques jours.
Mais, en revanche – nous vous prenons au mot –, puisque la Syrie serait revenue à la démocratie, eh bien à ce moment-là, ce doit être l’occasion pour tous les migrants syriens qui sont venus en Europe sous le prétexte du régime de Bachar el-Assad de rentrer dès à présent dans leur pays.
Autre sujet du Conseil européen: la relation avec les États-Unis. Le 20 janvier s’ouvrira une nouvelle page de nos relations avec les États-Unis. C’est une véritable chance. On sait que Donald Trump n’hésitera pas à défendre l’économie américaine; à nous d’être capables de défendre notre économie! Moins de normes, plus de compétitivité, plus de protection aussi. Je sais que c’est un gros mot, mais c’est absolument indispensable. En matière de sécurité et de défense, là aussi, c’est une chance. On sait que Trump adoptera une politique isolationniste; eh bien à nous d’assurer notre sécurité, d’augmenter nos capacités militaires, nos capacités d’industries d’armement, pour être autonomes sur le plan militaire!
Enfin, sur l’immigration, l’urgence, aujourd’hui, c’est évidemment de défendre nos frontières, au lieu d’être dans le schéma permanent de l’acceptation de l’immigration, puis de la répartition – qui est, Madame von der Leyen, votre modèle. Il nous faut mettre en œuvre à grande échelle des partenariats privilégiés pour éviter les flux du Sud vers le Nord. C’est ce qu’a fait, avec succès, Giorgia Meloni avec des pays comme l’Égypte, la Tunisie ou l’Albanie.
Enfin, Madame von der Leyen, s’agissant du Mercosur – je vous le dis sans animosité personnelle, mais avec gravité –, j’ai un compte à régler avec vous en tant que Français. Ce que vous avez fait à Montevideo, soit annoncer cet accord de libre-échange, qui va ruiner notre agriculture – l’agriculture française, polonaise, italienne, et bien d’autres… –, est absolument inacceptable. C’est l’Europe que les gens ne supportent plus, c’est l’Europe dont les peuples ne veulent plus. Vous agissez sans légitimité démocratique et vous le savez très bien. Vous sacrifiez notre agriculture pour vendre des voitures allemandes. C’est absolument inacceptable! Vous devriez être au service de l’intérêt général de nos 27 nations européennes. On a vu une politicienne allemande qui sacrifie nos agriculteurs pour servir son industrie.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.