Discours du 30 juin 2026
Nicolas Sansu · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°294
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Ma question s’adresse à M. le ministre des transports, dont je regrette l’absence, mais, monsieur Panifous, je sais votre capacité à embrasser toutes les politiques publiques du gouvernement.L’ambition ferroviaire est une des conditions de la lutte contre le réchauffement climatique, tout comme elle est une des conditions de l’égalité territoriale. Habitant le département du Cher dans une ville cheminote par excellence, Vierzon, je veux vous alerter sur l’urgence de mailler tout notre territoire, de relier ce que l’on nomme improprement les petites lignes aux lignes d’intérêt national et aux lignes à grande vitesse, à l’image du corps humain irrigué par ses veines et ses artères. Or, depuis des décennies, le réseau ferroviaire a été amputé, dépecé, avec pour résultat une perte globale de substance et l’abandon des pans entiers de notre pays et de ceux qui y vivent.Faut-il rappeler que notre pays devrait consacrer au moins le double de ce qu’il investit sur les lignes classiques, soit 6 à 7 milliards d’euros, pour réussir à doubler le trafic voyageurs et reconquérir du fret sur le rail, comme cela a été promis dans le plan Ambition 2030 ? Après de longs combats, des lignes comme Paris-Orléans-Limoges-Toulouse ou Nantes-Lyon sont en passe d’être modernisées et régénérées dans leur entièreté, ce qui ouvre de nouvelles perspectives de développement, tant pour le transport de voyageurs que pour celui des marchandises.Il reste cependant beaucoup à faire. Dans mon département du Cher, la ligne Montluçon-Bourges, qui relie deux bassins de vie de respectivement 100 000 et 130 000 habitants et qui dessert Saint-Amand-Montrond et Saint-Florent-sur-Cher, est une de ces lignes qu’il est impératif d’électrifier pour la relier directement à Paris et à Nantes via Vierzon.Les travaux en cours ne prévoient pas cette nécessaire modernisation et modification par l’électrification, ce qui est en totale contradiction avec l’exigence de décarbonation des transports et ouvre peu de perspectives. Électrifier la ligne Montluçon-Bourges permettrait d’améliorer la régularité et les possibilités de circulation et de passer d’un temps de trajet pour rejoindre Paris de trois heures trente – quand tout va bien – à deux heures quarante-cinq, soit le temps de trajet que nous connaissions il y a quarante ans.Les habitants du Berry et du Bourbonnais ne sont pas des habitants de second rang. La promesse républicaine d’égalité ne saurait être bafouée par l’incurie des gouvernements. Quand allez-vous lancer l’électrification de la ligne Bourges-Montluçon, maillon essentiel d’un réseau ferroviaire moderne et porteur d’avenir pour le grand centre de la France ?
Nous verrons en 2030, comme vous dites ; mais l’électrification est absolument indispensable pour rejoindre un réseau déjà électrifié. Les voyageurs qui font le trajet Montluçon-Bourges reprennent ensuite une ligne déjà électrifiée permettant de rejoindre Paris, Nantes ou Lyon. Je pense sincèrement que l’électrification du segment Bourges-Montluçon devrait être inscrite parmi les priorités des lignes de desserte fine des territoires.Je rappelle que la loi-cadre examinée aujourd’hui par la commission ne permet pas de nouveaux financements. Elle ne s’accompagne d’aucune loi de programmation financière qui permettrait de porter les dépenses à 6 ou 7 milliards – comme l’avait demandé M. Farandou lorsqu’il était président de la SNCF – pour moderniser le réseau et revenir à la hauteur des autres pays européens. Nous consacrons 51 euros par habitant à la modernisation de nos infrastructures ferroviaires, là où l’Allemagne en dépense 124. Il faut rattraper le retard.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).