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Discours du 10 juin 2025

Nicole Sanquer · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°231

Infirmiers et infirmières jouent un rôle crucial en matière d’organisation et de pérennisation de notre système de santé, particulièrement dans un contexte de désertification médicale et de vieillissement de notre population. Notre groupe souhaite leur rendre hommage, d’autant que ce rôle n’est pas reconnu à sa juste valeur, notamment si l’on considère leur rémunération. Ces dernières années, plusieurs textes législatifs ont certes fait évoluer leurs missions et leurs compétences, mais la profession reste strictement encadrée par un décret d’actes qui en alimente le manque de reconnaissance et la perte d’attractivité.Il était temps que le Parlement adopte enfin un texte visant à cette reconnaissance. La proposition de loi consacre les missions des infirmiers, renvoyant au niveau réglementaire la déclinaison de leurs compétences et des actes qu’ils sont autorisés à pratiquer, ce qui permettra à l’avenir une évolution plus souple et une plus grande autonomie de la profession. Une autre innovation réside dans la reconnaissance des soins relationnels et de la consultation infirmière, fondée sur le diagnostic infirmier. Elle existait dans les faits : en l’instaurant en droit, officiellement, nous affirmons que le soin ne saurait se réduire à une série d’actes techniques, qu’il doit intégrer pleinement une dimension humaine.Par ailleurs, depuis leur création en 2018, les IPA ont fait la preuve de leur efficacité, apportant une réponse de proximité et de qualité, notamment dans les zones en tension médicale. Par conséquent, l’extension à la PMI, la santé scolaire et l’ASE de la liste des lieux éligibles constitue une évolution logique et nécessaire. Nous conservons une inquiétude au sujet de la santé scolaire : le Sénat prévoit une pratique en lien avec un médecin, alors que ces services pâtissent d’une pénurie avérée de professionnels de santé. Surtout, il fallait répondre à la demande des infirmiers spécialisés, restée lettre morte depuis 2019. La rédaction issue du Sénat est sans doute plus claire, puisqu’elle permet une pratique avancée selon des modalités propres à chaque spécialité infirmière, notamment l’anesthésie, le bloc opératoire, la puériculture. Notre groupe insiste toutefois sur la nécessité de supprimer les obstacles rencontrés sur le terrain par les IPA, d’abord en améliorant l’accès, encore hétérogène, à la formation ; ensuite en les intégrant mieux au système de santé, ce qui requiert de communiquer au sujet de cette profession auprès de tous les acteurs impliqués ; enfin en revoyant le modèle économique.Nous saluons les apports de l’Assemblée et du Sénat retenus en CMP, notamment la reconnaissance de la contribution des infirmiers aux soins de premiers recours et celle du statut d’infirmier coordonnateur en Ehpad, actant le rôle essentiel de ces professionnels dans l’organisation et le suivi des soins des résidents, mais aussi dans le management de l’équipe soignante, alors que le médecin coordonnateur n’exerce souvent qu’à temps très partiel. Cette proposition de loi, que notre groupe soutiendra avec force, n’est qu’un point de départ : elle doit s’accompagner d’une revalorisation de la rémunération des infirmiers qui tienne compte de la pénibilité du métier, d’une révision des modalités de formation, que les étudiants sont de plus en plus nombreux à arrêter avant la fin de leur cursus, et de la fin des inégalités entre infirmiers et médecins en matière d’indemnités kilométriques, qui sont source d’injustices. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT. – Mme la rapporteure applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).