Discours du 25 novembre 2025
Olga Givernet · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°67
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Monsieur le ministre, j’ai souhaité attirer votre attention sur la situation critique d’entreprises stratégiques françaises, confrontées à une concurrence internationale de plus en plus rude – et déloyale, comme vous le savez –, dans un contexte économique et géopolitique particulièrement instable. De telles entreprises sont essentielles, notamment parce qu’elles produisent des matériaux et des composants indispensables à de nombreuses filières industrielles. Elles assurent ainsi notre autonomie industrielle et notre souveraineté économique.C’est le cas du groupe Ferroglobe, acteur majeur de la production de silicium métal en France, implanté notamment sur les sites d’Anglefort dans l’Ain, de Montricher-Albanne en Savoie et des Clavaux en Isère – j’en profite d’ailleurs pour associer mes collègues Émilie Bonnivard et Marie-Noëlle Battistel, elles aussi pleinement mobilisées sur le sujet. Ces trois usines ont malheureusement dû placer 450 salariés en chômage partiel à la suite d’une chute brutale de la production résultant d’une concurrence extra-européenne déloyale.Le silicium métal est d’une importance stratégique telle qu’il est reconnu par la Commission européenne comme une matière première critique. Or la production européenne ne couvre plus que 15 % de nos besoins, très loin de l’objectif de 40 % fixé par l’Union européenne.Le groupe Ferroglobe avait déposé une demande de mesures de sauvegarde auprès de la Commission européenne, pour obtenir une protection temporaire. C’est là que le bât blesse : la mesure de sauvegarde sur les ferro-alliages adoptée par la Commission européenne le 18 novembre dernier ne protège pas l’activité principale des trois sites, dont mon courrier du 21 octobre dernier vous signalait déjà la situation alarmante. En effet, la protection européenne ne concerne que certains ferro-alliages, ce qui exclut les trois usines d’Anglefort, Montricher et Les Clavaux, qui fabriquent du silicium. Je vous fais part de ma déception.Ma question est donc la suivante : quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre en urgence et en coordination avec l’Union européenne pour soutenir spécifiquement l’activité du silicium métal de Ferroglobe ? Comment sécuriser sa production sur le sol national et préserver les emplois qui en dépendent ? C’est une condition essentielle de la souveraineté industrielle et énergétique de la France. Nous avons besoin de visibilité, monsieur le ministre.
Merci de votre réponse et merci de nous recevoir demain au ministère avec tous les acteurs, la direction de l’entreprise, mais aussi les représentants syndicaux, pour discuter de l’avenir de Ferroglobe. Quand cette entreprise, électro-intensive, a été durement touchée par la crise énergétique, l’État a été à ses côtés. Il faut continuer à la soutenir si nous voulons conserver notre souveraineté industrielle et maintenir ces emplois sur le territoire français.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).