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Discours du 16 février 2026

Olivier Falorni · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°151

Absolument !

Il y a parfois pire que la mort. Dire cela, c’est regarder avec lucidité la vie dans ce qu’elle a de plus beau, mais aussi dans ce qu’elle a de plus cruel. Il y a parfois pire que la mort quand la vie n’est devenue qu’une inexorable agonie, quand elle n’est plus qu’un océan de souffrances que rien ne peut plus apaiser. Il y a parfois pire que la mort quand la vie n’est devenue qu’une survie hurlante, sans le moindre espoir de guérison, et dont la seule espérance est celle de l’ultime délivrance.Cette douloureuse réalité, nous devons la regarder en face et l’aborder avec respect et humilité. Nous l’avons fait à plusieurs reprises dans cet hémicycle. On pourrait d’ailleurs parler ce soir de troisième lecture, notre première lecture ayant brutalement été interrompue par la dissolution de juin 2024. S’il y a un mot qui n’est pas adapté pour qualifier le processus législatif sur la fin de vie, c’est donc celui de précipité. Car c’est tout l’inverse. La première proposition de loi sur le sujet a été déposée par le sénateur Caillavet en 1978 – j’avais à peine 6 ans – et en 2021, je défendais déjà dans cet hémicycle le droit à cet ultime recours.Jusqu’à présent, l’Assemblée nationale a su montrer sur ce sujet son meilleur visage, en réussissant à s’élever à la hauteur du débat plutôt qu’à se rabaisser au niveau des réseaux sociaux, où le point Godwin est désormais atteint – vous savez, ce principe qui veut que lorsqu’on n’a plus d’arguments, on vous compare au nazisme ou à Hitler. Mais je suis en prestigieuse compagnie, puisque Simone Veil l’avait subi pendant le débat sur l’IVG – elle fut accusée ici même d’être une génocidaire, elle, la rescapée d’Auschwitz. Continuons donc à débattre dans cette enceinte comme nous l’avons fait depuis le début, dans le respect des convictions et des consciences. Je le dis ici, je respecte profondément les convictions intimes de chacune et de chacun d’entre vous.Je souhaite que nous puissions parler de l’essentiel et d’abord parler à celles et ceux qui sont hélas concernés : les malades. En lisant les comptes rendus de nos débats précédents, je me suis aperçu que le mot « malade » apparaissait peu. C’est un comble alors que ce texte sur la fin de vie parle de la maladie. Pas de la vieillesse, mais de la maladie grave et incurable, celle qui vous condamne. Parlons des malades, pensons aux malades, écoutons les malades. C’est pour eux que nous sommes là. Écoutons les grandes associations de malades et d’usagers de la santé : France Assos Santé, qui regroupe plus de quatre-vingts associations nationales, le Collectif Handicaps, qui rassemble une cinquantaine d’associations nationales, l’Association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique (Arsla), qui accompagne les malades de Charcot, la Ligue contre le cancer. Toutes ces associations qui se battent pour les malades, pour leur guérison, pour leur prise en charge, pour leur accompagnement, soutiennent cette proposition de loi.Écoutons aussi les Français. Au début de ce mois, l’Ifop a interrogé nos concitoyens sur la proposition de loi dont nous débattons. Résultat : 94 % des Français y sont favorables. C’est le cas de 87 % des sympathisants de gauche, de 86 % des sympathisants de droite, de 90 % des sympathisants du RN et même de 78 % des catholiques pratiquants. La question mentionnait même le suicide assisté et l’euthanasie. Cela confirme les résultats de la Convention citoyenne et de tant et tant d’enquêtes d’opinion précédentes. Il serait temps de respecter la demande des Français et d’écouter les malades.En conclusion, je voudrais vous citer le SMS que je viens de recevoir avant de monter à la tribune : « Bon courage Olivier et essaye de leur rappeler qu’ils vont mourir eux aussi. » Il est signé Charles Biétry. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC et EcoS et sur plusieurs bancs des groupes EPR, Dem et LIOT ainsi que sur ceux des commissions.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).