Discours du 28 avril 2026
Pascale Got · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°211
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Pour les 2 000 usagers quotidiens du train express régional (TER) no 42, qui relie Bordeaux à la Pointe-de-Grave, prendre le train devient une gageure. Retards à répétition, suppressions de trains, manque de fiabilité : impossible de savoir si l’on arrivera à l’heure à l’école, au travail ou à un rendez-vous médical, ou même si l’on pourra rentrer chez soi le soir.Les usagers enchaînent les pétitions, les élus du territoire prêchent dans le vide, les comités de ligne sont de façade : rien n’y fait. Pour les usagers et les acteurs locaux, le sentiment d’abandon et de rupture d’égalité devant le service public empire.La situation est pourtant parfaitement connue de tous : du président de la SNCF, M. Castex, qui s’est d’ailleurs rendu sur place, de la direction régionale SNCF Voyageurs, que j’ai interpellée, ainsi que de la région Nouvelle-Aquitaine. On me répète à l’envi que la ligne est ancienne et fragile et qu’une voie unique présente des contraintes ; à chaque élaboration du contrat de plan État-région, sa modernisation apparaît comme un leurre et tout le monde se renvoie la balle. Avec les usagers, nous demandons que l’on passe du constat à l’action, concernant à la fois l’infrastructure et la qualité de service apportée aux voyageurs. Cette ligne est l’une des plus fréquentées de Gironde, en raison du caractère insulaire du Médoc.En outre, le projet de loi-cadre relatif au développement des transports nous inquiète. Il ne comprend aucune garantie claire de financement pluriannuel qui pourrait concerner la ligne no 42. L’ouverture à la concurrence pour l’exploitation des lignes régionales n’est guère plus rassurante ; la recherche de rentabilité laisse craindre un décrochage durable des territoires déjà fragilisés, comme le Médoc.Quelles sont les intentions du gouvernement pour sécuriser le financement et protéger la ligne no 42 ? Vous engagez-vous à organiser une réunion de travail avec l’ensemble des acteurs concernés, afin de décider d’un calendrier et de mesures concrètes pour garantir le respect du principe d’égalité d’accès à la mobilité dans le Médoc ?
Comme je l’ai dit, j’ai déjà entendu ces arguments. Je me félicite que l’on se focalise sur ces questions, mais je vous demande si l’on pourrait organiser une rencontre avec l’ensemble des partenaires pour acter non un principe général, mais des mesures concrètes. Décider d’un calendrier, favoriser la coordination, voilà qui permettrait de déployer un éventail de bonnes pratiques peu coûteuses. Le prix de l’essence explose, une revalorisation des transports en commun est nécessaire, les spécificités territoriales sont connues de tous. Nous ne pouvons plus tirer sur la corde ; les usagers sont enclins à prendre le train, mais pas dans de telles conditions. L’affaire dure depuis des années. Au-delà des rapports, il nous faut maintenant une réponse.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).