Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 8 avril 2026

Paul-André Colombani · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°195

Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.

Je voudrais tout d’abord saluer le travail et l’engagement de l’auteur de ce texte – notre collègue Yannick Neuder – sur un sujet aussi important que la prévention du risque cardio-neuro-vasculaire. Le groupe LIOT considère cette proposition de loi comme une réponse utile, attendue, à un problème sanitaire majeur, car les maladies cardio-neuro-vasculaires tuent en France 140 000 personnes par an. Un AVC ou un infarctus survient en moyenne toutes les deux minutes : chaque fois, aussi bien pour les personnes touchées que pour leur famille et leurs proches, il s’agit d’un drame humain – d’autant que, pour beaucoup, il débouche sur le handicap ou la dépendance, alors même que cela aurait souvent pu être évité.Face à cette réalité, renforcer la prévention constitue un impératif. Le constat est accablant : nous savons ce qu’il faudrait faire, nous disposons des outils pour le faire, et nous ne le faisons pas. La Cour des comptes l’a d’ailleurs rappelé avec sévérité : la politique de prévention cardio-neuro-vasculaire est insuffisamment ciblée, les inégalités sociales et territoriales se creusent. En matière de prévention, nous dépensons 186 euros par habitant, soit moins que la moyenne européenne ; en Allemagne, c’est 457 euros par habitant, quasiment 2,5 fois plus ! Ce décalage demeure d’autant plus incompréhensible que les leviers d’action sont bien identifiés. Près d’un hypertendu sur deux s’ignore, plus d’un diabétique sur cinq ne connaît pas sa pathologie.Les facteurs de risques sont silencieux, mais détectables et maîtrisables. Ce texte propose donc de renforcer l’information concernant ces maladies et leurs facteurs. L’article 1er prévoit ainsi d’intégrer explicitement la prévention cardiovasculaire dans les programmes nationaux de dépistage et dans les rendez-vous de prévention. C’est là une mesure de bon sens : il faut nommer les pathologies qui tuent le plus, l’hypertension, le diabète, le cholestérol, mots qui doivent entrer dans la loi pour figurer enfin parmi les priorités des politiques publiques. Ayant déposé, en vue de l’examen du texte en commission, un amendement qui visait à ajouter à cette liste des facteurs environnementaux et comportementaux tels que le tabagisme, l’alimentation et la pollution de l’air, je me félicite qu’ils aient été inclus dans la nouvelle rédaction.L’article 2 vise à faire du lieu de travail un levier de prévention : c’est souvent là que l’on peut toucher des populations qui ne franchissent pas spontanément la porte d’un médecin. En prévoyant une action annuelle de sensibilisation, le texte, sans alourdir la médecine du travail, crée un point de contact supplémentaire avec les salariés les plus exposés. Le passage en commission a permis d’élargir la prévention en milieu scolaire, ce que nous saluons. Nous nous réjouissons également que l’adoption d’un amendement de Stéphane Viry donne aux professionnels de santé la possibilité de proposer à leurs patients des outils de repérage précoce, par exemple un questionnaire destiné à évaluer le risque de diabète.Ces dispositions auront un coût, mais l’inaction est bien plus onéreuse : 20 milliards d’euros par an pour les maladies cardio-neuro-vasculaires, 4,5 milliards pour les seuls AVC. Avec une stratégie renforcée de prévention cardiovasculaire, nous pourrions regagner plus de 1,2 milliard. Outre cet aspect économique, la maîtrise des facteurs de risques vaudrait à chacun jusqu’à quatorze ans supplémentaires d’espérance de vie. Investir aujourd’hui dans la sensibilisation, c’est alléger demain le poids des affections de longue durée (ALD), des hospitalisations évitables, des séquelles irréversibles ; c’est un investissement en vies et en autonomie. Pour toutes ces raisons, le groupe LIOT votera en faveur de la proposition de loi.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).