Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 12 novembre 2025

Paul Christophe · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°46

« Pour corriger l’inévitable – on parle de la pyramide des âges –, c’est vrai qu’à partir de l’année 2005, le poids des femmes et des hommes à la retraite, ayant quitté la production, pèsera trop lourd sur les autres âges si on ne prend pas les mesures nécessaires. » Ces mots ne sont pas de moi, mais de François Mitterrand…

…qui, le 15 avril 1988, pendant la campagne présidentielle, affirmait que le prochain gouvernement devrait lui-même s’y attaquer.Dès lors, nier la question démographique, c’est mentir aux Françaises et aux Français. Notre système par répartition s’est construit avec plus de 4 cotisants pour un retraité ; nous sommes aujourd’hui tombés à 1,7 cotisant par retraité, et ce sera bientôt 1,4. À sa création en 1945, ce système finançait en moyenne 5,5 ans au bénéfice de chaque retraité, contre 22,5 ans aujourd’hui.Diviser le nombre de cotisants par trois et multiplier la durée de liquidation par quatre, en affirmant que tout va bien, c’est mentir aux Françaises et aux Français, mentir aux générations futures et mentir à soi-même. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)J’attends d’ailleurs avec impatience les réactions des syndicats cogestionnaires de la retraite complémentaire des salariés du privé, qui, confrontés au même déficit démographique, avaient décidé en 2019, pour une durée de trois ans, d’appliquer un malus sur la retraite de celles et ceux qui la sollicitaient à l’âge de 62 ans – l’âge légal à l’époque.Dans un pays déjà très endetté, la suspension d’une réforme jugée nécessaire mais pas suffisante – que ce soit par le COR ou par la Cour des comptes – ne crée pas une quatrième voie. Implicitement, elle ne laisse le choix qu’entre l’augmentation des prélèvements sur les actifs – et donc la baisse de leur pouvoir d’achat –, la baisse des pensions – et donc celle du pouvoir d’achat des retraités –, ou l’augmentation de la dette à la charge de nos enfants, et même de nos petits-enfants.La question reste pendante : qui va payer ? Les députés du groupe Horizons & indépendants assument pleinement d’être de ceux qui pensent à l’avenir et cherchent les voies et moyens de réformer durablement notre système. Nous voulons un pays qui produise, travaille et forme davantage, pour financer dignement et durablement notre modèle social – non par la dette, non en trompant les générations futures, mais par l’effort et le mérite.Pour toutes ces raisons, notre groupe proposera la suppression de l’article 45 bis. Oui, madame Le Pen, nous sommes contre la suspension de la réforme et nous assumons cette position. La question reste bien entière : qui va payer ? (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR et sur plusieurs bancs du groupe DR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).