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Discours du 9 décembre 2025

Paul Christophe · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°87

Les deux plus grandes erreurs économiques commises dans notre pays – le retour sur l’âge de départ à la retraite sous François Mitterrand et les 35 heures – sont le péché originel de l’héritage la gauche. Ces décisions ont sciemment ignoré une réalité démographique déjà connue et visible. Elles ont volontairement fragilisé les trajectoires budgétaires des décennies suivantes. Quarante ans plus tard, la gauche persiste dans l’aveuglement. Elle refuse d’assumer le recul de l’âge de départ à la retraite, pourtant si nécessaire. Elle préfère flatter l’illusion plutôt que de dire la vérité !Nous voyons médusés tous les populistes, de La France insoumise au Rassemblement national, s’allier pour défendre ensemble la retraite à 60 ans ! Qui peut sérieusement croire que cette promesse bancale est tenable ? Qui peut imaginer que nous pourrions financer une retraite de vingt-deux ans en moyenne par un système conçu pour n’en financer que cinq ? Cette promesse, c’est du vent ! Du vent qui coûte des milliards d’euros.Depuis la dissolution, la gauche réclame le pouvoir : un gouvernement, un premier ministre. Elle n’a obtenu ni l’un ni l’autre. En négociant seule avec le gouvernement, elle s’est retrouvée propriétaire du budget de ce dernier. Elle a été aidée dans sa tâche par les extrêmes, qui ont soutenu les mêmes taxes, les mêmes dépenses, les mêmes dérives. Ensemble, ils ont voté pour alourdir la fiscalité, non seulement de nos entreprises, mais aussi de nos concitoyens, en touchant même à leur épargne ; ils ont approuvé des milliards de dépenses nouvelles, souvent sans financement, distribuant l’argent public comme s’il était magique. Ce déferlement fiscal a un résultat clair : moins d’investissements, moins de croissance et plus de déficit. Par conviction ? Allons ! On ne sauve pas un pays en détruisant sa compétitivité. Il n’y a là aucune vision, et encore moins du courage. C’est au mieux de l’incompétence, au pire du calcul politicien. Ainsi La France insoumise et le Rassemblement national voteront-ils contre la copie finale d’un texte qu’ils ont pourtant contribué à écrire.

C’est à n’y rien comprendre.

Ils se cachent, ils fuient leur propre vote, ils n’assument rien.

Pourquoi ? Parce qu’ils veulent le chaos.

Quant aux socialistes, ils avancent avec la naïveté de ceux qui se croient fins stratèges. Ils veulent gouverner le pays, mais ils semblent découvrir qu’avec quelque soixante députés, soit une minorité de cet hémicycle, ils ne peuvent pas porter seuls un budget national.Le groupe Horizons & indépendants n’a jamais fui ses responsabilités. (Rires sur les bancs du groupe RN.) Nous avons tendu la main, nous nous sommes montrés ouverts au dialogue.

Depuis le début, je n’ai pas vu la gauche se presser pour construire une solution de compromis. Un compromis oblige chacun à faire des concessions. Avec vous, c’est uniquement à sens unique, au mépris des équilibres budgétaires. Nous l’avons dit dès le 16 octobre : nous ne voterons pas n’importe quoi.

Personne ne peut feindre la surprise. S’il y a bien une chose qu’on ne peut résolument pas reprocher à mon groupe, c’est sa constance et son sérieux. (Rires sur les bancs du groupe RN.) Dans cet hémicycle, de jour comme de nuit, nous avons défendu nos entreprises, notre tissu productif et la prospérité de nos territoires. Notre pays se doit de faire face au choc démographique majeur qui se profile et au vieillissement de sa population. Il nous faut préparer l’avenir.Ce budget de la sécurité sociale n’est pas à la hauteur des défis qui se dressent devant nous. Il devait viser un déficit de 17 milliards mais les concessions faites aux uns et aux autres le portent à hauteur de 24 milliards d’euros – 24 milliards de dette supplémentaire. Quant au déficit cumulé du pays, il devrait atteindre un taux situé entre 5,1 % et 5,3 % du PIB, alors que la raison imposait de rester sous les 5 %.

Ce texte est dépourvu d’équilibre, de vision et de responsabilité. Ce budget ne prépare rien, n’anticipe rien. Il affaiblit même la France. Pire, il fait entrevoir un avenir sombre pour notre jeunesse, qui héritera de cette dette. Pierre Mendès France disait qu’il ne faut jamais sacrifier l’avenir au présent…

Combien avait-il raison ! On ne construit rien sur des illusions. Chez Horizons, nous disons non à l’aveuglement, non au dérapage, non à l’irréalisme. Mais parce que nous ne sommes pas les artisans du chaos, nous nous abstiendrons, dans notre très grande majorité. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR. – Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).