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Discours du 30 juin 2026

Pauline Cestrières · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°294

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La liaison aérienne Rodez-Paris n’est ni un confort ni un privilège : pour l’Aveyron, elle est une nécessité. Elle constitue un outil majeur de désenclavement. Elle permet à nos entreprises de se développer, à nos étudiants de poursuivre leurs études et, plus largement, à notre territoire de demeurer pleinement connecté au reste du pays et à ses centres de décision.Le 16 juin dernier, en réponse à une question orale de mon collègue sénateur Jean-Claude Anglars, le gouvernement a confirmé son engagement en faveur de cette liaison jusqu’au terme du contrat en cours, soit jusqu’en 2028. Il a également rappelé que cette ligne demeurait prioritaire eu égard au niveau d’enclavement de notre territoire. Je tiens à saluer cet engagement ainsi que le soutien exceptionnel accordé par l’État pour compenser la hausse du prix du carburant. Le fait que seules les liaisons Paris-Rodez et Paris-Aurillac aient bénéficié de cet accompagnement maximal traduit la reconnaissance, par l’État lui-même, de leur caractère stratégique pour le désenclavement de nos territoires.Néanmoins, le désenclavement ne peut être pensé à court terme ni de manière fragmentée. Il appelle une véritable stratégie fondée sur la complémentarité des différents modes de transport. L’Aveyron a besoin d’une desserte ferroviaire performante comme d’une liaison aérienne pérenne. L’une ne saurait se substituer à l’autre : leur complémentarité est indispensable au désenclavement de notre territoire.Or les Aveyronnais constatent chaque jour que l’offre de mobilité ne répond pas encore pleinement à leurs besoins. La desserte aérienne demeure limitée, notamment le week-end, tandis que la liaison ferroviaire est trop souvent perturbée par des interruptions de circulation, par des substitutions par autocar, par l’inadaptation des horaires aux déplacements professionnels et par le vieillissement du matériel roulant, souvent inconfortable. Cette réalité est encore plus marquée pour les trains de nuit. Il s’agit non d’opposer le train à l’avion, mais de garantir aux Aveyronnais une offre de mobilité cohérente, fiable dans la durée et adaptée aux réalités de notre territoire.Quelle est la stratégie du gouvernement pour garantir durablement le désenclavement de l’Aveyron ? Cette stratégie s’accompagnera-t-elle d’un engagement clair de l’État à poursuivre au-delà de 2028 son soutien financier à la liaison aérienne Rodez-Paris ?

Ma question portait sur la période d’après 2028. J’ai également souhaité aborder la question du train de nuit Rodez-Paris, qui est en cours d’étude ; elle est primordiale car cette ligne est bien moins efficace que par le passé. Les horaires d’arrivée à Paris sont incompatibles avec les rendez-vous professionnels, les retards et les annulations sont incessants. Pour désenclaver l’Aveyron, il faut marcher sur nos deux jambes et mobiliser à la fois l’aérien et le ferroviaire.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).