Discours du 25 novembre 2025
Perceval Gaillard · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°68
Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.
Je remercie tout d’abord mon collègue et camarade Jean-Victor Castor d’avoir organisé cette table ronde : nous pouvons enfin parler du foncier en Guyane.Je suis député de La Réunion et la situation du logement social que vous avez décrite me rappelle évidemment la nôtre, à la fois par le nombre de ménages en attente – ils sont plus de 40 000 à La Réunion – et par le manque de moyens.Pour que chacun et chacune puisse bien comprendre le contexte global, je suis élu depuis 2022, comme un certain nombre de mes camarades. Quand nous avons eu l’occasion de voter le budget des outre-mer, nous avons fait passer des amendements qui doublaient la LBU – la ligne budgétaire unique –, qui finance le logement social. Or les 49.3 sont systématiquement revenus dessus, le plus souvent en dépit des votes à l’unanimité de la représentation nationale. Cela montre les conséquences des modalités d’exercice du pouvoir de la Ve République sur nos territoires.On a vu encore pire cette année, puisque nous avons adopté en commission une hausse de la LBU de 50 %, soit 100 millions d’euros, mais que le débat sur la mission Outre-mer n’a cette fois même pas eu lieu – comme cela, c’est encore plus simple. Voilà le contexte global au sein duquel nous nous débattons, avec un pouvoir central qui ne tient pas compte de nous.Je rappelle aux collègues qui ne sont pas ultramarins que la situation concernant la maîtrise du foncier en Guyane est tout à fait exceptionnelle. Que l’État puisse contrôler entre 90 et 95 % des terres nous semble complètement ahurissant et témoigne de vraies difficultés. Ma question est donc très simple : comment, au niveau législatif, pouvons-nous vous aider à reprendre la main sur votre foncier ? Il s’agit effectivement d’une question coloniale et tant qu’elle n’est pas réglée, rien ne peut l’être.
Sous le contrôle de mon collègue Jean-Victor Castor, il me semble que les élus guyanais ne s’opposent pas au centre pénitentiaire en lui-même, mais uniquement au quartier de haute sécurité.La Guyane, comme l’ensemble des outre-mer, traverse une crise historique en matière de production de logements sociaux. Les besoins sont immenses, comme l’a rappelé tout à l’heure l’un des intervenants. La Réunion connaît des difficultés comparables. Depuis plusieurs années, les crédits inscrits dans la ligne budgétaire unique sont en baisse.Nous venons d’être privés du débat budgétaire sur la mission Outre-mer, mais la commission a adopté un amendement qui prévoit un ajout de 100 millions d’euros à la LBU. Pouvez-vous vous engager à ce que cette augmentation indispensable figure dans la version finale du budget pour 2026 ?Je rappelle que l’État reprochait souvent aux outre-mer de ne pas consommer toutes les autorisations d’engagement. Ce n’est plus du tout le cas : l’ensemble des opérateurs et des collectivités sont désormais pleinement en mesure d’utiliser les crédits, car nos besoins sont immenses. Pouvez-vous donc confirmer que cette augmentation de la LBU sera bien retenue ?
Je viens de dire le contraire !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).