Discours du 27 novembre 2025
Perceval Gaillard · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°72
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Il nous faut donc venir à la tribune de l’Assemblée pour obtenir ce qui existe partout ailleurs sur le territoire de la République. Il nous faut venir à Paris depuis l’océan Indien, l’Atlantique ou le Pacifique pour exiger d’être traités comme des citoyens et des citoyennes à part entière et non entièrement à part. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Il nous faut donc à nous, élus ultramarins, combattre – soubat comme on dit à La Réunion – pour arracher ce que les élus hexagonaux n’ont même pas à demander pour leur population et leurs territoires. Voilà quelle est la réalité ; voilà la raison pour laquelle nos peuples grondent et voilà pourquoi nous avons déposé cette proposition de loi. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Comme vous le savez, la vie chère dans nos pays dits d’outre-mer est insoutenable : les prix y sont de 30 % à 40 % plus élevés en moyenne que dans l’Hexagone alors même que la pauvreté, la précarité ou le chômage frappent nos territoires de plein fouet. Or les prix élevés des produits postaux participent de la cherté de la vie. Ils constituent une rupture manifeste du principe constitutionnel d’égalité qui s’applique devant les services publics et qui suppose un égal accès de toutes et tous à ces services publics.Je donnerai un seul exemple : un colis de 15 à 20 kilos envoyé dans l’Hexagone, quelle que soit la distance de son trajet, coûte 37,85 euros contre 150,55 euros de l’Hexagone vers les départements et régions d’outre-mer (Drom) et jusqu’à 302,35 euros vers le Pacifique. Rien ne peut justifier cette inégalité de traitement. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LFI-NFP.)Cette situation est un véritable scandale, qui alimente légitimement le sentiment d’injustice ressenti par nos peuples, d’autant plus que les envois de colis dépassent la simple question postale. Ils permettent en effet d’entretenir un lien constant entre les ultramarins vivant dans l’Hexagone et leurs familles vivant au pays, en particulier dans cette période de fêtes de fin d’année.Actuellement, des tarifs différenciés s’appliquent entre les territoires d’outre-mer et l’Hexagone s’agissant des envois de correspondance à l’unité dépassant le seuil d’harmonisation, soit 100 grammes ou le grammage de la première tranche selon les collectivités ultramarines, ainsi que des envois postaux à l’unité n’entrant pas dans la catégorie des envois de correspondance. En effet, les colis postaux, bien qu’ils fassent eux aussi partie des envois postaux, ne figurent pas parmi les envois de correspondance à l’unité. En conséquence, ils ne bénéficient pas du tarif harmonisé en vigueur entre l’Hexagone et les territoires d’outre-mer. En revanche, sur le territoire hexagonal, les colis envoyés à l’unité entrent bien dans le champ de la péréquation nationale, qui garantit un tarif unique pour tous les envois postaux à l’unité.La République a volontairement limité le champ de la péréquation tarifaire aux seuls envois sur le territoire hexagonal, en excluant les collectivités ultramarines. Nous soutenons que la péréquation tarifaire est possible. Jusqu’à présent, seule la volonté politique a entravé son application. À titre comparatif, la péréquation tarifaire de l’électricité en France concerne l’ensemble du territoire national alors qu’elle est bien plus coûteuse.La délégation aux outre-mer a mené au début de l’année 2025 une mission flash relative à l’augmentation des prix des colis postaux en outre-mer. Cette mission souligne que, s’agissant des colis, la péréquation tarifaire entraînerait une augmentation moyenne d’à peine quelques centimes par envoi. Le rapport publié à l’issue de cette mission a fait l’objet d’un vote unanime. La présente proposition de loi fait écho au signal fort envoyé par ce rapport et ce vote unanime.La proposition de loi, qui vise à mettre fin à cette discrimination en élargissant l’application du tarif postal unique à tous les envois relevant du service universel postal quelle que soit leur destination sur le territoire de la République et quelle que soit leur tranche de poids, a été adoptée en commission sans que personne ne vote contre. Une proposition de loi similaire avait été déposée en 2019 par mon collègue et camarade Jean-Hugues Ratenon que je remercie ici publiquement pour ce combat qu’il n’a jamais lâché. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) À l’époque, ce texte n’avait pas pu arriver jusqu’en séance. En 2025, les conditions de l’adoption d’une telle proposition de loi sont enfin réunies.Je suis fier d’appartenir à un groupe, à un mouvement, La France insoumise, qui rend cela possible et qui place les outre-mer tout en haut de l’ordre du jour de sa niche. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir.)Chacun et chacune doit prendre conscience que c’est une occasion qui ne se représentera certainement pas de sitôt. C’est un vote qui est très attendu et très regardé dans nos territoires, mais également dans les diasporas ultramarines de l’Hexagone.En séance, des amendements d’obstruction ont été déposés par les groupes RN et UDR. (« Quelle honte ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) J’appelle donc ici solennellement les forces politiques qui ont déposé ces amendements à les retirer. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Si vous ne le faites pas, vous serez responsables de la non-adoption de ce texte, qui n’est que justice et égalité pour les outre-mer. Nos peuples, nos élus et nos diasporas sauront s’en souvenir. (Les députés du groupe LFI-NFP se lèvent pour applaudir vivement. – Les députés des groupes EcoS et GDR applaudissent également.)
Défavorable.
Défavorable.
Défavorable.
Défavorable.
Défavorable.
Défavorable.
Défavorable.
Favorable à l’amendement no 24 ; défavorable au sous-amendement no 126 et à l’amendement no 36.
Défavorable.
Défavorable.
Défavorable.
Avis défavorable.
Défavorable.
Défavorable.
Défavorable au sous-amendement et à l’amendement.
Défavorable.
Défavorable.
Avis défavorable.
Avis défavorable.
Avis défavorable.
Enfin ! Enfin, nous réparons une injustice historique flagrante vis-à-vis des territoires d’outre-mer ! Permettez-moi de saluer mon camarade et ami Jean-Hugues Ratenon, qui mène ce combat depuis 2019, ainsi que mon groupe parlementaire qui a placé ce texte tout en haut de l’ordre du jour de sa journée parlementaire. Nous l’avons dit, nous l’avons fait ! Comme on dit à La Réunion nou la di nou la fé ! En une journée, nous avons changé la vie des ultramarins. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et GDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).