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Discours du 11 février 2026

Philippe Baptiste · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°145

Si je comprends votre interrogation, je tiens cependant à vous dire que les aides au mérite sont pleinement applicables aux étudiants polynésiens et originaires de Polynésie française. Tout étudiant qui bénéficie d’une bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux peut bénéficier de l’aide au mérite s’il répond aux conditions prévues.Le point de vigilance se situe au niveau des critères d’exclusivité des dispositifs d’aide financière destinés aux étudiants polynésiens. Ces critères, institués par le gouvernement de Polynésie, interdisent le cumul avec les bourses opérées par mon ministère.C’est pour cette raison que certains étudiants polynésiens qui bénéficient de la bourse du gouvernement de la Polynésie française ne peuvent pas recevoir l’aide au mérite – autrement, ils perdraient leur bourse locale.Il ne m’appartient pas de me prononcer sur les critères fixés par le gouvernement polynésien en la matière, mais mon ministère se tient disponible pour continuer à travailler avec ce dernier.J’ai notamment échangé avec le président Brotherson il y a deux semaines sur les enjeux de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le territoire polynésien. Je me tiens aussi évidemment à votre disposition.Pour répondre à votre question, les étudiants polynésiens ne sont donc pas exclus par principe de l’aide au mérite.

Permettez-moi tout d’abord de réagir aux mots de la présidente de l’université Paul-Valéry, Anne Fraïsse, que vous venez de rappeler. Elle dénonce les morts dans son université liées aux conditions de travail. Ces propos sont évidemment très graves et j’en ai pris connaissance avec beaucoup d’émotion, comme tous ceux qui ont lu sa lettre ouverte. J’ai diligenté immédiatement une inspection pour comprendre ce qui se passe dans cette université, qu’elle pilote depuis cinq ans.S’agissant des chiffres du ministère, les crédits de la mission Recherche et enseignement supérieur sont en hausse de 725 millions d’euros, soit un engagement fort du premier ministre et du gouvernement. Les établissements universitaires bénéficient de 14,5 milliards au titre de la subvention de programme, complétés par des crédits de France 2030 et de l’Agence nationale de la recherche. En outre, la loi de programmation de la recherche a augmenté de 6 milliards le financement des différents établissements.Notre modèle de financement est-il pour autant satisfaisant…

…et présente-t-il des dysfonctionnements ?

Il en présente, bien entendu, et nous devons en discuter. C’est le sens des assises que nous avons lancées conjointement avec Amélie de Montchalin pour dresser l’état des lieux de la situation budgétaire des différents établissements, comprendre leurs contraintes de gestion et ancrer un nouveau dialogue fructueux entre les établissements et l’État, en associant évidemment les collectivités territoriales qui le souhaitent. Tel sera le travail des prochains mois. Je me tiendrai à votre disposition pour vous informer des progrès des assises.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).