Discours du 11 février 2026
Philippe Baptiste · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°146
Je remercie le groupe de la Gauche démocrate et républicaine pour l’organisation de ce débat, qui nous permet d’aborder un sujet important : la lutte contre la précarité étudiante.Le système en place aujourd’hui est sans doute encore perfectible. Je peux convenir, comme vous, que nous n’avons pas encore atteint le « sur-mesure » en matière d’aides aux étudiants. Cependant, les différentes aides disponibles ne donnent une idée juste ni de l’ambition affichée ni de la totalité des moyens engagés par l’État.Le budget actuel de la vie étudiante s’établit à environ 3,2 milliards d’euros par an. Il a augmenté de 263 millions d’euros depuis 2017. Grâce à ces crédits, les bourses ont été majorées à la rentrée 2023. Il s’agissait là de l’acte I de la réforme des bourses souhaitée par le président de la République. Elle a permis à 140 000 étudiants boursiers d’accéder à un échelon supérieur et à 30 000 étudiants non boursiers de le devenir, dont 1 000 étudiants au titre de points de charge supplémentaires. Elle constitue la plus forte augmentation depuis dix ans.J’ai déjà eu l’occasion de le dire dans l’hémicycle, je souhaite que nous puissions rapidement enclencher l’acte II de la réforme. En effet, le système actuel présente certains défauts, à commencer par des effets de seuil trop importants. Il faut avoir conscience que pour 1 euro de revenu en plus, on peut perdre jusqu’à 900 euros de bourse sur une année. Il existe aujourd’hui des étudiants qui se trouvent exclus de l’accès aux bourses à 1 euro près, en raison du fonctionnement par échelon. La précarité étudiante, ce sont aussi ces étudiants dont les ressources se situent juste au-dessus du dernier palier et que l’on retrouve dans les épiceries solidaires. Il s’agit d’une première difficulté, liée à ces effets de seuil ou de marche dans la gestion des bourses.Par ailleurs, la dégressivité est excessivement forte. Près d’un tiers des boursiers perçoivent moins de 150 euros par mois. Surtout, le dispositif est trop complexe, puisqu’il existe 144 plafonds de ressources distincts et jusqu’à six échelons de bourses différents pour un même revenu. Enfin, les bourses de l’enseignement supérieur sont le seul dispositif d’aide sociale qui n’est pas indexé, problème que votre groupe a identifié, puisqu’il a fait l’objet d’une proposition de loi.Le système actuel protège, à juste titre, les étudiants les plus modestes. Mais il faut reconnaître qu’il laisse de côté une partie croissante des classes moyennes : des familles qui gagnent trop – si l’on peut dire – pour être aidées, mais pas assez pour financer des études dans des villes où le coût de la vie est de plus en plus élevé pour de multiples raisons. Les classes moyennes ne doivent pas être les angles morts de la politique de bourses. Je tiens d’ailleurs à saluer le travail des députés Thomas Cazenave et Charles Sitzenstuhl sur le sujet.Il faut réformer ces bourses, j’en suis profondément convaincu. Améliorer le système coûterait 400 millions d’euros. En effet, une linéarisation du système ne peut se faire que par le haut – on ne peut du jour au lendemain faire de très nombreux perdants. Or un lissage par le haut a un coût, de l’ordre de 400 millions d’euros. Cet argent, aujourd’hui je ne l’ai pas, je le regrette : j’aimerais que nous soyons en mesure d’investir davantage dans ce domaine, mais je n’ai pas l’argent.Cela ne doit pour autant pas nous empêcher d’œuvrer dès aujourd’hui à favoriser l’accès des étudiants à leurs droits. C’est dans ce cadre que nous avons lancé une démarche pilote, le dispositif « Campus zéro non-recours », qui doit permettre de renforcer la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés, dans huit établissements expérimentateurs.La lutte contre la précarité étudiante se traduit aussi par la mise à disposition d’autres aides qui ne sont pas toutes conditionnées à l’obtention d’une bourse, en premier lieu les aides au logement. Ainsi, les APL – ou l’allocation de logement sociale (ALS), selon les revenus et le montant du loyer – sont mobilisables, que les étudiants soient boursiers ou non.Dans le cadre de la loi de finances pour 2026, les aides au logement ont d’ailleurs bien été revalorisées au niveau de l’inflation. Entre 2018 et 2024, 35 000 logements sociaux étudiants sont sortis de terre. L’an dernier, plus de 9 000 logements ont été agréés.Annoncé il y a un peu plus d’un an par François Bayrou, le plan visant à créer 45 000 logements étudiants abordables en trois ans est destiné à répondre à cet enjeu : aider les étudiants à trouver des logements. Je rappelle l’engagement permanent d’Action Logement, qui propose la garantie Visale – une caution gratuite –, mais aussi le Loca-Pass, qui permet une avance sans intérêt du dépôt de garantie.Par ailleurs, le Crous verse des aides d’urgence, qui sont attribuées en fonction de la situation de l’étudiant, que ce soit en cas de difficultés financières, de rupture familiale, ou dans toute autre situation de vulnérabilité.Je rappelle aussi l’engagement du premier ministre en faveur de la généralisation du repas à 1 euro dans le cadre de la loi de finances pour 2026, afin de permettre à chaque étudiant d’avoir accès à des repas abordables et de qualité. Dans le cadre de la loi Lévi, des aides supplémentaires de 20 à 50 euros par mois sont accordées depuis 2025 aux étudiants qui n’ont pas accès à un restaurant universitaire proche. Quelque 65 000 étudiants en bénéficient aujourd’hui et le dispositif est amené à croître.Enfin, il me semble important de mentionner la progression de l’accès à des soins gratuits, grâce à la réforme des services de santé étudiante et aux 9,5 millions d’euros qui y sont consacrés. Je pense notamment à Santé psy étudiant, dispositif entièrement gratuit et sans que l’étudiant ait à avancer de frais – le nombre de séances offertes est passé de huit à douze –, dont plus de 140 000 étudiants ont bénéficié, avec une très forte croissance des consultations l’année dernière.Nous agissons pour la santé mentale des étudiants, mais nous devons aussi et avant tout leur garantir des conditions de vie décentes. Voilà pourquoi la subvention pour charges de service public du Cnous augmentera de 15 millions d’euros en 2026, ce qui la portera à plus de 710 millions d’euros.Mesdames et messieurs les députés, après avoir rappelé que le système des bourses s’inscrivait dans un ensemble d’aides, il n’est pas question de nier qu’il en constitue la pierre angulaire. Je crois pouvoir dire ce soir que nous partageons le diagnostic. Reste à définir les voies et moyens pour proposer un système plus efficace, plus juste et probablement mieux financé. Tel était le sens de mon intervention ; je serai ravi de répondre à vos questions.
Si nous partageons les constats, il faut aussi que nous partagions les contraintes. En tant que ministre, j’assume en tout cas les contraintes budgétaires qui pèsent sur notre travail. Celles-ci n’ont pas empêché le budget de la mission interministérielle Recherche et enseignement supérieur (Mires) d’augmenter de 750 millions d’euros cette année.Les propositions qui font l’objet de votre question ont des coûts très élevés. L’annualisation des bourses, c’est-à-dire le passage de dix à douze mois, pour l’ensemble des étudiants coûterait ainsi 450 millions d’euros. La réforme visant à linéariser le système représenterait 400 millions supplémentaires. Nous arrivons ainsi à des montants considérables, difficiles à trouver dans les conditions budgétaires que nous connaissons.Je maintiens qu’il s’agit d’une question importante, d’autant que les BCS sont les seules prestations sociales à ne pas être indexées, comme vous l’avez rappelé. Cela provoque des retards : gelées pendant quelques années, ces bourses font ensuite l’objet d’un effort très significatif, comme lors du fort rattrapage intervenu en 2023. Ces effets « accordéon » ne sont pas des plus souhaitables.Il convient donc que la question reste à l’ordre du jour et que nous parvenions à trouver une solution en tenant compte des contraintes budgétaires. Ces dernières rendent impossible en 2026 la réforme que j’ai évoquée. J’espère néanmoins que nous trouverons des solutions.
J’ai mentionné dans mon intervention liminaire un certain nombre des points sur lesquels vous m’interrogez, notamment les effets de seuil. Vous évoquez des effets de seuil pour 100 euros, mais nous avons même des exemples où ils jouent à 1 euro près ! Ces marches dans le calcul des bourses représentent une difficulté et contribuent au manque de lisibilité du système : c’est une des raisons pour lesquelles une réforme est nécessaire.Vous avez visiblement de votre côté des solutions qui permettraient de dégager des marges budgétaires. Je ne les ai pas encore parfaitement comprises, mais je ne doute pas une seconde que vos propositions seront à la fois efficientes et concrètes !
Les aides pour les étudiants, qu’elles soient gérées par les Crous ou par d’autres organismes, représentent 3,2 milliards d’euros. L’effort de la nation est significatif, même s’il faut probablement aller plus loin.Je souhaite modérer vos propos sur les lourdeurs administratives. Les personnels qui s’occupent des aides pour les étudiants, en particulier les agents des Crous et du Cnous, sont très mobilisés, focalisés sur la réussite des étudiants ; ils travaillent beaucoup pour trouver des solutions à des situations souvent difficiles. J’aimerais plutôt leur rendre hommage.Enfin, je rappelle qu’il existe au-delà des bourses sur critères sociaux tout un ensemble d’aides aux étudiants distribuées par l’État comme l’aide au mérite, l’aide à la mobilité en master, l’aide à la mobilité internationale, l’aide à la mobilité Parcoursup. Il existe aussi des prêts garantis par l’État et des aides spécifiques ponctuelles – c’est-à-dire des aides d’urgence – instruites et distribuées par les Crous dans des situations particulièrement difficiles.
Concernant le repas à 1 euro, vous savez que le budget pour 2026 est le fruit d’un compromis et, si vous avez suivi les débats à l’Assemblée, vous savez aussi que j’étais initialement opposé à cette mesure. Cela dit, ces 90 millions vont être donnés à des étudiants, qui ne font pas partie des gens les plus aisés de la population. Ce n’est donc pas de l’argent perdu, même s’il ne sera pas spécifiquement dirigé vers ceux qui en ont le plus besoin. Par ailleurs, les Crous sont actuellement saturés, ce qui risque d’engendrer des effets d’éviction. Nous y serons très attentifs et nous essaierons de trouver à la fois comment pousser les murs et comment aider les personnels des Crous. Nous sommes très mobilisés sur ce sujet compliqué ; la réforme aura bien lieu à compter du mois de mai, comme le premier ministre l’a annoncé.Le logement est effectivement une source majeure de précarité étudiante. La Banque des territoires a investi la somme considérable de 5 milliards d’euros pour la construction de 40 000 nouveaux logements. À ce stade, ce plan de construction est sur les rails et les délais tiennent.Enfin, vous m’interrogez sur la possibilité d’un nouveau modèle de financement des études. C’est une vraie question. Des prêts de l’État pourraient effectivement être envisagés, mais nous pourrions aussi réfléchir, plus que nous ne l’avons fait jusqu’à présent, au travail étudiant. Pour l’instant, il s’agit le plus souvent d’un travail subi,…
…mais si nous mettions ce travail en adéquation avec les études, nous transformerions significativement une partie du monde étudiant.
Oui, c’est vrai.
La complexité du système est bien réelle. Elle rend d’une part très difficile pour les élèves qui se projettent dans les études supérieures de savoir quel niveau de bourse ils obtiendront, et elle empêche d’autre part certains étudiants d’avoir accès aux bourses auxquelles ils ont droit. C’est pourquoi nous avons lancé le dispositif « Campus zéro non-recours », actuellement en phase d’expérimentation sur huit campus universitaires, dont l’objectif est d’aller chercher les étudiants potentiellement bénéficiaires de bourses sur critères sociaux, plutôt que le contraire. Le dispositif sera évalué et nous verrons ce que cela a donné.En ce qui concerne les étudiants ultramarins, leurs bourses sont majorées de 30 euros par mois, soit 20 % de leur montant, depuis la rentrée 2023. Cette majoration concerne 27 000 étudiants et a constitué un premier geste. En outre, de 11 000 à 12 000 étudiants ultramarins qui poursuivent leurs études dans l’Hexagone bénéficient des deux mensualités supplémentaires – juillet et août – du complément vacances réservé aux boursiers. Enfin, 800 logements Crous seront rénovés d’ici 2027 dans les outre-mer.Ces mesures sont-elles suffisantes ? Probablement pas, mais la première cause d’inégalité dans les outre-mer, comme dans certains territoires ruraux de l’Hexagone, est surtout l’éloignement des lieux d’études supérieures et une offre de proximité réduite, avec peu de formations disponibles. Cette profonde inégalité oblige les étudiants à des mobilités coûteuses et insuffisamment couvertes par les bourses. Tout cela, nous le comprenons bien. Peut-être faudrait-il prendre conscience du fait qu’ouvrir des formations de proximité serait à la fois moins cher et plus efficace que de mettre en place des dispositifs très coûteux à destination d’étudiants envoyés dans l’Hexagone et que ce changement d’environnement met en difficulté.
Le montant de l’enveloppe additionnelle n’est pas de 30 millions, mais de 80 millions. Dans la mesure où ces annonces sont très récentes, nous n’avons pas encore finalisé la répartition exacte des crédits et les différents volets du dispositif du repas à 1 euro. Je vous indiquerai bien entendu tous les éléments dès qu’ils seront sur la table. Le dispositif sera mis en œuvre au mois de mai et il y aura l’argent suffisant pour que les Crous puissent compenser la perte de 2 euros – si je puis dire – par repas d’étudiant non boursier.Mais comme vous le dites, l’enjeu n’est pas tout à fait là. La mesure fait sens, mais les Crous, eux, sont saturés, le temps d’attente moyen avoisine les quarante-cinq minutes. Si notre objectif est d’aller plus loin et d’accueillir davantage d’étudiants, cela ne représente donc pas 80 ou 90 millions d’euros en année pleine, mais bien plus ! Il faut créer des antennes des Crous, il faut pousser les murs, il faut acheter du matériel et avoir éventuellement plus de personnel – des aspects décorrélés de la question du repas à 1 euro stricto sensu. Voilà donc les deux sujets sur lesquels nous devons trouver des solutions. Quoi qu’il en soit, cette mesure a été endossée et annoncée par le premier ministre et, même si ce n’était pas notre priorité, elle sera mise en œuvre sans que nous reculions.
Madame la députée, je crois que le courage politique consiste à dire la vérité.
La vérité est qu’il existe des difficultés techniques, comme je l’ai toujours dit. J’ai évoqué une linéarisation du système de bourses, en laquelle vous ne voyez qu’une simple mesure technique ou un coup de com’. Ce n’est pas le cas, et puisque j’ai reconnu que nous n’étions pas en mesure de mettre en place cette réforme dès maintenant, ce serait une communication pour le moins maladroite.Cette mesure, que j’estime indispensable pour améliorer un système aujourd’hui trop complexe, coûterait déjà entre 400 et 500 millions d’euros. Il faut pouvoir la mettre en œuvre, et compte tenu des contraintes budgétaires et de l’état des finances publiques, ce n’est pas possible aujourd’hui. D’autres mesures ont été mises en place, en particulier s’agissant du logement étudiant.S’agissant du rôle du revenu des parents dans l’attribution des bourses, je rappelle que les parents ont l’obligation légale de subvenir aux besoins de leurs enfants, en particulier quand ils font des études. C’est pourquoi le parallèle que vous établissez ne me semble pas tout à fait exact.
Le dispositif de la loi Lévi, qui fonctionne depuis un an et demi, permet de répondre en partie au problème des zones blanches. Il faut peut-être en augmenter le montant. Par ailleurs, le taux de non-recours est assez élevé et nous devons faire la publicité de ce dispositif. Mais la solution technique existe et s’avère efficace, puisque 52 000 étudiants en bénéficient à ce jour. Il s’agit d’une carte prépayée dématérialisée d’un montant de 40 euros pour les boursiers et de 20 euros pour les non-boursiers, utilisable dans les commerces alimentaires partenaires.La réforme des bourses de 2023 n’a pas changé la structuration des bourses : nous n’avons fait qu’abonder un dispositif et une organisation existants. Il s’agissait de la première revalorisation du barème depuis dix ans, c’était un geste très attendu et important. Il a permis d’accroître de 30 000 le nombre des bénéficiaires et d’augmenter les montants des bourses pour tous les échelons, sans faire un seul perdant. L’augmentation forfaitaire était de 370 euros par an pour tous les boursiers et la revalorisation du barème était de 6 % pour le plafond de ressources, ce qui permettait à certains étudiants de progresser d’un échelon. Le coût total de cette revalorisation s’est élevé à 370 millions d’euros en 2023.
Le point que vous soulevez est pertinent. La précarité ne prend effectivement pas fin à la sortie des études, la période de transition peut être compliquée. Les difficultés sur le marché de l’emploi se traduisent souvent par un allongement des études et se manifestent immédiatement sur le nombre d’inscrits en master ou à un second master. Lorsqu’il y a des difficultés, les étudiants restent dans le système universitaire et continuent à bénéficier des bourses existantes.Nous voulons travailler avec la délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle du ministère du travail et des solidarités pour renforcer les liens avec Pôle emploi et aider plus efficacement les étudiants ayant terminé leur cursus à trouver leur premier emploi. Toutefois, étant donné les contraintes que nous connaissons, ma priorité est de soutenir les étudiants qui entrent dans le système, durant leurs premières années d’études. Sans évidemment oublier les autres, il faut focaliser les politiques publiques sur ce point de fragilité que constituent les premières années d’études.
Le budget consacré aux étudiants en situation de handicap a été multiplié par trois ces dernières années, un réel effort est donc en cours. DD’importants investissements ont été réalisés par nos établissements d’enseignement supérieur, comme dans tous les bâtiments publics, pour améliorer l’accessibilité. Ce n’est pas une condition suffisante, mais elle est souvent nécessaire, en particulier pour accueillir les personnes qui souffrent d’un handicap moteur.Vous avez mentionné les dispositifs tels que les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) qui sont les aidants au quotidien des personnes en situation de handicap à l’école, au collège ou dans les lycées. Ils ont permis une vraie transformation, puisque des jeunes qui n’arrivaient pas à suivre un cycle normal peuvent dorénavant le faire. Cette montée en charge atteint progressivement l’université, et c’est très bien. Nous privilégions aujourd’hui les étudiants aidants, d’autres étudiants de l’université qui ont un ou deux ans de plus que l’étudiant en situation de handicap. Les aidants bénéficient ainsi d’un contrat et réalisent un travail qui a du sens.N’oublions pas non plus les nombreux dispositifs que nous avons imaginés pour nous adapter aux difficultés des élèves en situation de handicap – je pense en particulier au déroulement des examens.Enfin, un travail très important a été réalisé pour développer l’accessibilité numérique et l’accessibilité pédagogique. L’apprentissage de tous les élèves, quel que soit leur handicap, doit être facilité. Un gros effort a été fait pour aider les élèves atteints de troubles psy. J’ai vu bon nombre de collègues très mobilisés sur le terrain.
C’est une vaste question qui recouvre des situations très diverses d’un étudiant à l’autre, puisqu’ils sont loin de s’inscrire tous dans le même schéma familial. Il faut donc imaginer des dispositifs qui s’adaptent à ces multiples réalités. Je crois que les aides ne doivent pas être uniformes, mais conçues pour que les moyens de l’État permettent de soutenir en priorité les étudiants qui en ont le plus besoin.Concernant le travail étudiant, il ne me semble pas prévu que nous engagions dans les prochains mois une grande réforme mais à titre personnel, il me paraît important que nous commencions à y réfléchir. Le travail étudiant est, aujourd’hui, trop souvent subi. Je ne dis pas qu’il n’est pas intéressant ni formateur, mais il impose tout de même des volumes horaires souvent importants. Nous devrions engager une réflexion collective sur la manière dont les étudiants travaillent, et de quelle façon nous pourrions les aider à trouver un poste qui ait du sens et fasse écho à leurs études, par exemple dans l’accompagnement de leurs pairs. Nous l’avons évoqué pour ce qui concerne le handicap, mais nous pourrions tout aussi bien creuser cette piste pour tout ce qui a trait au soutien scolaire des plus petits, aux missions pour les collectivités, etc.Pas moins d’un étudiant sur deux travaille, parfois dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes. Ce sujet-là doit être mis sur la table dans l’année qui vient.
Ce dispositif est un outil important, c’est pourquoi il a été beaucoup promu en 2017. Il offre une garantie locative aux étudiants dont les parents n’ont pas les ressources suffisantes. Lancé en 2017, ce dispositif n’a cessé de s’étendre : de 159 000 bénéficiaires en 2022, il est passé à presque 200 000 en 2025, une année record. C’est bien le signe que des efforts sont faits et que tout le monde s’accorde pour reconnaître les mérites de cette garantie. J’approuve votre proposition d’en faire une plus large publicité. C’est là en effet une aide que nous proposons aux étudiants, même si elle est indirecte, mais ils ne la sollicitent pas en nombre suffisant car ils ne la connaissent pas tous..On en revient à ce problème du non-recours. Ce sera sans doute l’un des grands enjeux du ministère, des rectorats, des Crous, du Cnous et des établissements, que de le résoudre.
Plusieurs dispositifs ont été créés, en particulier celui de Santé psy étudiant, qui a permis d’augmenter le nombre de séances gratuites, notamment avec un psychologue. Parallèlement, de nombreux établissements ont constitué des cabinets médicaux au sein des campus, qui permettent de faciliter l’accès des étudiants à ces consultations qui restent des consultations de ville. On peut y trouver des généralistes, des dentistes, des gynécologues. Ces initiatives dépendent fortement de la volonté du président de l’université et ne s’inscrivent pas dans une démarche proposée uniformément dans tout le pays. Dans certains territoires, comme à Tours, le résultat est remarquable, avec des équipes médicales fournies, des infirmiers et des étudiants qui se mobilisent et jouent le rôle de relais auprès des étudiants en difficulté pour les intégrer au dispositif. J’ai vu de très belles réalisations, mais la difficulté sera de généraliser le système. Ce sera d’autant plus compliqué que nous avons volontairement laissé la main aux établissements, en leur laissant en particulier la possibilité de mobiliser dans cet objectif une partie de la CVEC – contribution de vie étudiante et de campus. Tous ne font pas ce choix-là, les actions sont variées, mais je crois que c’est dans cette direction que nous devons agir : offrir des soins sur les campus.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).