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Discours du 22 juin 2026

Philippe Juvin · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°278

Nous avons déjà débattu de cette question à de très nombreuses reprises, mais il est heureux que nous puissions le faire à nouveau. Si l’on peut entendre tous les arguments, j’ai du mal à accepter, comme soignant, que l’euthanasie et le suicide assisté puissent être inscrits dans le code de la santé publique, car ce ne sont pas des soins. Je l’ai déjà dit dans cet hémicycle : quand un soignant entre en blouse blanche dans la chambre d’un patient, il ne faut pas que ce dernier puisse avoir le moindre doute sur la raison de sa présence.Je ne souhaite donc pas que l’euthanasie et le suicide assisté figurent dans le code de la santé publique. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR ainsi que sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.)

Allez dire ça aux infirmiers !

Très bien !

Elle n’a pas révisé !

Madame la rapporteure, tout à l’heure vous avez dit que la sédation profonde n’était pas un soin.Je ne connais pas votre expérience personnelle en matière de sédation profonde et continue,…

…mais c’est un soin. Je suis certain que vous ne pensiez pas vraiment ce que vous avez dit, mais ne pas reconnaître que c’est un soin pose un problème aux infirmiers, aux aides-soignants et aux médecins qui la pratiquent.Madame Dubré-Chirat, vous ne pouvez pas dire que les soignants laissent mourir les gens dans la souffrance. Ce n’est pas vrai. Aucun soignant n’abandonne les gens dans la souffrance.

Ne vous énervez pas. Vous ajoutez que nous serions bien obligés de proposer l’aide à mourir si nous ne pouvons pas les soulager.

Si ! Et c’est bien la source de notre crainte que l’aide à mourir soit proposée par défaut d’accès aux soins. (« Oui ! » sur les bancs du groupe RN.)

Je note que vous avez exprimé à raison précisément ce qui suscite notre crainte.Madame Firmin Le Bodo, vous vous étonnez que les soignants soient contre : vous avez reconnu qu’ils avaient une grande crainte de cette loi.

Pourquoi ? Justement parce que vous considérez que les soins palliatifs, la sédation profonde et continue, ne sont pas un soin, alors que c’est pourtant le cas.

Mesdames et messieurs, ayez conscience que les soignants sont là pour soulager et pas pour donner la mort. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes DR, RN et UDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).