Discours du 5 octobre 2021
Philippe Olivier · Rapport d’exécution sur les fonds fiduciaires de l'Union et la facilité en faveur des réfugiés en Turquie (suite du débat)
Madame la Présidente, chers collègues, vous vous demandez aujourd’hui si l’argent public versé par l’Union européenne à la Turquie est bien utilisé et bien contrôlé. La réponse est non.
Progressivement, la Turquie laïque, qui était un allié du monde libre, est devenu, disons-le, un pays islamiste prosélyte à visée impérialiste. On le voit sur la scène internationale avec une politique néo-ottomane ou même chez nous, lorsque le régime de M. Erdoğan tente d’instrumentaliser politiquement les diasporas turques de nos pays.
C’est cette même Turquie, à la recherche permanente d’une épreuve de force, qui développe des attitudes inamicales quand elle ne menace pas directement des membres de l’Union européenne, notamment en Méditerranée. Que dire de son attitude pour le moins ambiguë dans la lutte contre le terrorisme?
Nous, Européens, qui avons eu le tort de lui sous-traiter le contrôle de notre politique migratoire, sommes aujourd’hui l’objet d’un chantage de grande envergure avec pour menace notre submersion. Un chantage financier et politique, un chantage qu’aucune puissance ne peut accepter.
L’Union européenne s’est scandalisée de l’utilisation de l’arme migratoire par la Biélorussie contre ses voisins européens, et notamment la Lituanie. Les sanctions ont immédiatement été envisagées par l’Union européenne. Pourquoi cette fermeté avec la Biélorussie et cette complaisance vis-à-vis de la Turquie? Pourquoi continuer à financer à fonds perdus un partenaire qui n’en est pas un et poursuivre un processus d’adhésion de plus en plus anachronique?
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.