Discours du 24 novembre 2021
Philippe Olivier · État de l’union de l’énergie (débat)
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, en matière d’énergie, nous pouvons reconnaître à l’Union européenne au moins le mérite de la continuité; de la continuité dans l’erreur.
Au niveau de la méthode, vous procédez par objectifs, sous forme d’ultimatums, sans considération des filières, des équilibres économiques, des histoires de chacun des pays. Vous assortissez vos injonctions de délais trop contraignants et faites ainsi peser sur les particuliers ou les États la menace de rétorsions injustes. Comme d’habitude, vous dégainez l’arme fiscale, peu importe qu’elle affecte d’abord les classes populaires de nos pays, pourtant si durement éprouvées par le lessivage de la mondialisation. Tout le monde n’a pas les moyens de se payer une voiture électrique, des voitures par ailleurs peu adaptées aux campagnes.
Sur le fond, vous poursuivez le saccage de nos paysages avec vos éoliennes, sur terre ou en mer, pour une énergie intermittente, évanescente, exorbitante et enfin, du fait de la durée de vie d’installations difficilement recyclables, polluante. Et puis, il y a la question du nucléaire, énergie décarbonée s’il en est, dont les promoteurs du charbon en Allemagne voudraient, par pure idéologie, priver la France et l’Allemagne. Cette excommunication religieuse interdit à nos pays les moyens de leur puissance et de leur indépendance énergétique. Nous disposons, avec le nucléaire français, d’une filière d’excellence qui assure une électricité bon marché, constante, propre, qui peut se prolonger vers l’hydrogène décarboné, quand vous êtes coincés avec l’hydrogène renouvelable.
Dans un dossier aussi important pour l’avenir de l’Europe, décidément, vous restez prisonniers de vos lubies idéologiques.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.