Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 25 novembre 2025

Philippe Tabarot · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°67

Dans la droite ligne du plan de remise à niveau des petites lignes ferroviaires lancé par l’État en 2020, le gouvernement est pleinement engagé en faveur des lignes de desserte fine du territoire, dont fait partie la ligne Angoulême-Limoges. Cette ligne est fermée, vous l’avez rappelé, sur sa section charentaise entre Angoulême et Saillat-Chassenon depuis 2018, malgré des travaux d’urgence de régénération de la voie réalisés fin 2017. Des bus de substitution assurent aujourd’hui la liaison, avec un temps de trajet similaire à celui du train.Cependant, la réouverture de la ligne est une attente forte des habitants et des élus locaux – vous venez d’en apporter la preuve.Dans le cadre du contrat de plan État-région (CPER) 2015-2022, l’État s’était engagé à fournir 6,4 millions d’euros pour financer des travaux d’urgence et des études préliminaires de régénération de la voie, dont les résultats ont été restitués fin 2023. Cet engagement se poursuit avec le CPER 2023-2027, lequel prévoit une enveloppe de 34 millions d’euros pour la poursuite des études et la régénération de la ligne, dont 13,6 millions sont apportés par l’État.Par ailleurs, dans l’attente des travaux de régénération, des travaux de maintien de la performance de la section Saillat-Limoges ont été réalisés en 2023 pour 10 millions d’euros – 4,7 millions étant apportés par l’État et le complément par la région.Soyez assuré que le gouvernement demeure pleinement mobilisé pour soutenir la région Nouvelle-Aquitaine, autorité organisatrice sur cette ligne, dans sa démarche pour revitaliser la liaison Angoulême-Limoges.Concernant les derniers points que vous avez abordés, la publication des résultats des études est pour très bientôt, mais je laisse à SNCF Réseau et à la région le soin de vous communiquer la date.Certes, l’hémicycle serait le lieu pour débattre du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), mais il faudra attendre un meilleur moment, quand il sera moins désert. En attendant, le GPSO et les lignes de desserte fine ne sont pas incompatibles. Il faut avoir des projets ambitieux pour la desserte d’un territoire qui a peut-être été oublié lors du déploiement des lignes à grande vitesse, mais il faut aussi continuer à agir avec les régions pour assurer les dessertes fines.

Dans le cadre de la démarche dite Mobi’LYSE, l’État s’est engagé à conduire un programme multimodal d’amélioration des mobilités entre Lyon et Saint-Étienne après l’abandon du projet d’autoroute A45. Une enveloppe de 400 millions d’euros de l’État est prévue en sus des contrats de plan État-région (CPER). Fin 2024, près de 190 millions ont été débloqués, dont plus de 70 % pour le volet ferroviaire que vous appelez de vos vœux.Sur le volet routier, des aménagements ont d’ores et déjà été réalisés – création ou élargissement de bandes d’arrêt d’urgence ou de voies d’entrecroisement, reconfiguration d’échangeurs, protections acoustiques. Ils produisent des effets positifs pour la sécurité des usagers et des agents des routes comme pour le cadre de vie des riverains. Ils permettent aussi d’être plus résilient face aux incidents de circulation sur ces axes très fréquentés, donc de réduire le temps perdu par des dizaines de milliers d’usagers au quotidien.Le 9 septembre, la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes a réuni les membres du comité stratégique de Mobi’LYSE pour préparer la seconde phase du plan d’action. Les collectivités partenaires sont invitées à y prendre toute leur part. Les négociations sur les opérations à financer, parmi lesquelles figurent celles que vous avez mentionnées, sont en cours. Elles se poursuivront après les élections municipales.Lors de ces discussions, le soutien aux transports du quotidien décarbonés, à la sécurisation du réseau routier, ainsi que son intégration environnementale constitueront des priorités pour l’État. À cet effet, je me réjouis que les partenaires du Serm de la région métropolitaine de Saint-Étienne – qui, j’en suis sûr, sera résolument multimodal – puissent formaliser prochainement leur dossier. Je vous rappelle que j’ai annoncé, lors de la grande conférence de financement, que l’État financerait la préfiguration de ces Serm. Nous attendons avec impatience celui de Saint-Étienne Métropole et je puis vous assurer qu’il sera examiné avec la plus grande attention par les équipes du ministère des transports. Comme ce sont des questions que j’ai l’habitude d’évoquer avec des députés et des sénateurs, je vous annonce également que je me rendrai sur place pour échanger avec vous tous à ce sujet.

Restons dans la même région et abordons les projets d’aménagement des routes nationales, notamment la RN88 en Haute-Loire, ainsi que les autres aménagements que vous avez évoqués. Vous l’avez dit, mais je tiens à rappeler que depuis le 1er janvier 2025, la majorité du réseau routier national dans la région a été mise à la disposition de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à sa demande, pour une expérimentation d’une durée de cinq ans dans le cadre de la loi relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l’action publique locale, dite loi 3DS. L’État doit une soulte à la région avant la fin de l’année, et je sais que vous êtes particulièrement attentif à ce que l’on respecte la partie financière de l’accord.La partie de la RN88 se situant en Auvergne-Rhône-Alpes est concernée par cette mise à disposition. La région exerce donc sur cet axe l’ensemble des missions de gestion et d’entretien, ainsi que la maîtrise d’ouvrage des opérations d’aménagement. À ce titre, elle définit seule la stratégie d’aménagement de la RN88, et je constate que vous avez déjà beaucoup travaillé ce sujet.Pour ce qui est du financement, nous devons signer avant la fin de l’année l’avenant mobilités au contrat de plan État-région 2021-2027. Il devrait être présenté au conseil régional mi-décembre.Pour l’instant, l’avenant ne prévoit rien sur le financement des travaux de la déviation de Cussac ni sur les études concernant une déviation à Pradelles. Toutefois, son contenu n’est pas encore définitivement stabilisé.Les prochains jours, voire les prochaines semaines, permettront d’affiner les modalités de financement de certains projets. J’ai rencontré le président Pannekoucke il y a trois jours pour en discuter. Je vois aussi régulièrement son prédécesseur, qui est très attentif à ces sujets et, vous le savez, au département de la Haute-Loire.En revanche, je peux déjà vous confirmer que l’État apportera 2,5 millions pour financer la sécurisation de l’intersection de la RN88 et de la RN102 à Pradelles, à travers l’aménagement d’un carrefour giratoire. Je sais que ce projet important est fortement attendu, car il renforcera la sécurité des déplacements sur ce territoire.Si, comme je m’y suis engagé, je me rends à Saint-Étienne, je ne manquerai de venir jusqu’à chez vous, en Haute-Loire, pour confirmer tous ces beaux projets.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).