Discours du 4 février 2026
Pierre-Henri Carbonnel · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°141
Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.
Le groupe UDR reconnaît la réalité du changement climatique et soutient l’adaptation de nos économies à la transition énergétique. Nous débattons d’une proposition de résolution européenne qui, sous couvert d’ambition climatique, demeure à nos yeux trop idéologique. Il ne faut pas confondre ambition et idéologie, objectifs et injonctions, transition et décroissance.Notre pays est l’un des rares au monde à avoir développé une technologie bas-carbone capable de concilier décarbonation massive de la production d’électricité, souveraineté énergétique et prospérité économique : c’est le nucléaire. Grâce au nucléaire, la France affiche déjà l’un des mix électriques les plus décarbonés de la planète. Grâce au nucléaire, nos entreprises bénéficient d’une énergie stable, compétitive, et nos ménages d’une facture contenue, même si ces atouts restent largement limités par les règles du marché commun européen de l’électricité. Ce cadre de marché inadapté à notre modèle énergétique limite ainsi la pleine valorisation de notre excellence technologique. En nous appuyant pleinement sur le nucléaire, nous pourrions réduire nos émissions sans sacrifier ni notre industrie ni le niveau de vie des Français.Gardons en tête qu’à vouloir appliquer un dogmatisme écologique rigide, la France sacrifie son industrie et importe des produits dont la facture énergétique est structurellement plus carbonée et largement dépendante des énergies fossiles. Nous refusons que la France saborde sa prospérité et son influence économique pour montrer l’exemple. Cessons le suicide collectif sur l’autel de l’idéologie de la décroissance et de l’écologie.
Notre compétitivité est ici en jeu ; comprenez que l’écologie doit être mise en balance avec d’autres impératifs.Cette proposition de résolution européenne encense l’électrification des usages, alors même que les Français sont durement frappés par la fiscalité, par le chômage et par l’atonie de la croissance nationale. Les entreprises n’adaptent pas forcément leur outil de production à l’électrique et la consommation d’électricité est en baisse par rapport à 2019. Votre déconnexion est totale.Au-delà de cet aspect, je m’inquiète de l’absence de toute mention de l’énergie nucléaire dans le texte. Il s’agit pourtant d’une industrie qui produit de l’électricité bas-carbone ; la France est en pointe dans ce domaine, dans lequel de lourds investissements ont déjà été réalisés et amortis. Lorsque je vois que Mme Dominique Voynet figure parmi les soutiens de cette proposition de résolution, je ne peux m’empêcher de rappeler qu’elle fut, en 2000, l’une des responsables de l’affaiblissement majeur de la position française à Bruxelles sur le nucléaire – une décision qui, déjà, avait sacrifié notre technologie au nom d’un dogmatisme…
…qui n’a jamais protégé ni le climat, ni les Français.
Vous pouvez vous exclamer ; vous êtes aussi responsables de l’arrêt du programme de réacteur nucléaire Astrid et de bien d’autres mauvaises décisions. Je crois que Mme Royal, en 2017, se félicitait d’avoir fermé Fessenheim.
C’est un peu le même dogme !Par conséquent, le groupe UDR tient à rappeler l’importance de l’énergie nucléaire dans la transition énergétique et dans l’adaptation au changement climatique. Parier massivement sur les renouvelables pour électrifier davantage est inconscient, irresponsable et risqué ; d’abord pour les finances publiques, car les installations nécessitent des subventions massives ;…
…ensuite pour les consommateurs, qui devront s’acquitter d’une facture d’électricité en hausse ; enfin pour notre industrie nucléaire, dont les centrales seront sursollicitées, moins rentables et moins innovantes.Soyons clairs : nous ne contestons ni l’urgence climatique, ni la nécessité d’une action européenne coordonnée.
Toutefois, nous refusons une approche qui, sous prétexte d’ambition, ignorerait les réalités industrielles, sociales et énergétiques. Oui, la France doit continuer à jouer un rôle moteur, mais elle doit être un moteur lucide, pas un moteur aveugle. Nous devons défendre une transition qui protège nos emplois, renforce notre attractivité, soutient l’innovation et garantit le bien-être des citoyens ; une transition qui s’appuie sur toutes les solutions bas-carbone, sans tabou ; une transition qui ne cède pas à la tentation de l’injonction punitive ou de la décroissance imposée. C’est pourquoi notre groupe votera contre le texte. Nous voulons une ambition climatique crédible, cohérente et compatible avec la prospérité de la France et de l’Europe. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).