Discours du 14 avril 2026
Pierre Meurin · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°203
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Il a raison !
Le macronisme, depuis quelques mois, empile les textes slogans avec une ficelle grossière. Vous écrivez un titre accrocheur, aux mots très ambitieux – « simplification de la vie économique », par exemple. C’est en effet un enjeu majeur pour que nos entreprises retrouvent de la compétitivité et profitent de leur liberté d’entreprendre pour créer de la richesse sans passer leur vie à remplir des Cerfa. Mais dès qu’il s’agit de joindre le geste à la parole, vous avez l’art de ruiner l’espoir suscité par vos effets d’annonces. Le macronisme met en compétition la vacuité et le néant dans tout ce qu’il entreprend. Il est temps que le supplice se termine pour qu’enfin, la politique retrouve sa noblesse et son intelligibilité. (« Bravo ! » et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)En effet, ce texte ne simplifie quasiment rien. Tous ceux qui ont travaillé dessus l’ont dit : ce n’est pas le grand soir de la simplification. Merci pour cet aveu ! Comment pouvez-vous prétendre simplifier, dès lors que la complexité est votre fonds de commerce ? Comme disait Coluche en parlant de vous, les technocrates, ce sont ceux qui, quand tu leur poses une question, une fois qu’ils ont fini de répondre, tu ne comprends plus la question que tu as posée. (Rires sur les bancs du groupe RN.)La copie initiale nous a fait lever les yeux au ciel tant elle était indigente et nous avons profité de l’examen de ce texte pour vous administrer une véritable leçon de simplification. Matthias Renault a proposé la suppression d’innombrables agences d’État, toutes plus inutiles et dispendieuses les unes que les autres, comme les Ceser, la Commission nationale du débat public…
Vous avez préféré sauver ces agences avec la gauche plutôt que de saisir notre main tendue.Nous avons également proposé de supprimer l’objectif zéro artificialisation nette, au moins pour les activités économiques. En commission mixte paritaire, vous avez renoncé à cette mesure de véritable simplification pour nos entreprises et nos élus locaux. Il est d’ailleurs cocasse que ce soit le Sénat qui l’ait sauvée. Il ne reste qu’une modeste dérogation, notamment pour l’installation de data centers. On est loin de la simplification pour le cœur battant de notre économie réelle, c’est-à-dire nos TPE et nos PME.Enfin, le groupe Rassemblement national a fait voter un amendement dont je suis fier d’être l’auteur, qui visait à supprimer les zones à faibles émissions. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Ce combat, que j’ai chevillé au cœur, tant je déteste l’injustice, s’est transformé en grande victoire parlementaire. À quatre reprises – et je remercie tous les collègues de bonne foi et de bonne volonté –, la représentation nationale a voté la suppression de ce dispositif séparatiste, qui empêche les Français les plus modestes d’accéder aux grandes villes sous prétexte qu’ils pollueraient l’air urbain. Le contrat social ne souffre pas d’exception. La fraternité républicaine s’oppose à la stigmatisation des automobilistes comme pollueurs des habitants des villes. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)Cette disposition est la plus efficace du texte, loin devant vos petites mesurettes qui ne servent pas à grand-chose : des milliers d’artisans, avec leurs camionnettes – ce que j’aime appeler la France du C15 – retrouveront l’accès inconditionnel à tous leurs chantiers ! Comme on pouvait le lire ce matin dans Le Figaro, pour Pierre Chasseray, patron de l’association 40 millions d’automobilistes, le Rassemblement national est aujourd’hui le seul parti, avec ses alliés de l’UDR, qui défend les automobilistes français. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Vous allez tenter de réintroduire les ZFE dans le texte, messieurs les ministres. Quelle bonne idée, en pleine crise du pouvoir d’achat et du carburant, de dire aux Français qu’ils n’ont plus besoin de faire le plein, puisqu’ils ne pourront pas entrer dans les villes ! C’est scandaleux ! Si les ZFE sont réintroduites, nous nous opposerons à ce texte. Vous pourrez compter sur le Rassemblement national pour engager, dès son arrivée au pouvoir, ce grand chantier de la simplification. Il y a beaucoup de Cerfa à supprimer pour nos entreprises.Pour conclure, je citerai Albert Camus :…
…« La politique contemporaine [est] une machine à désespérer les hommes. » J’ajoute que le macronisme est une machine à désespérer les Français. Cet engrenage de la désespérance ne s’inversera qu’avec la victoire de l’alliance du RN et de l’UDR. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Monsieur le ministre, vous ne devriez pas venir nous parler de santé publique sur un ton hautain. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) Au vu de l’état de notre tissu d’hôpitaux de proximité, à mon avis, vous devriez plutôt faire profil bas. Vous avez tiers-mondisé ce pays en matière de santé ; nous n’avons aucune leçon de santé publique à recevoir de votre part. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Vous qui êtes toujours si intelligents – des virtuoses de la politique –, vous proposez un amendement instaurant le retour de la ségrégation sociale des Français les plus modestes en pleine crise du carburant, en pleine crise du pouvoir d’achat des automobilistes. (Exclamations sur les bancs du groupe EPR.) C’est dire votre niveau de déconnexion totale à l’égard des Français, notamment les plus modestes ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)Par ailleurs, vous parlez d’électrification ; allez expliquer les yeux dans les yeux aux artisans et aux infirmières libérales qu’il faut qu’ils achètent des véhicules à 40 000 euros. Faites donc cela, vous allez voir la réponse que vous obtiendrez ! Vous êtes complètement hors sol. Les ZFE sont une mesure séparatiste – je pèse mes mots –, qui empêche les Français les plus modestes d’aller se soigner, d’aller au travail et d’emmener leurs enfants à l’école.
Nous voulons mettre fin à ce séparatisme républicain, parce que nous sommes les seuls, avec nos alliés de l’UDR, à défendre la République. Repoussons cet amendement ; c’est important ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).