Discours du 13 novembre 2024
Pierre-Romain Thionnet · Interventions d'une minute sur des questions politiques importantes
Monsieur le Président, chers collègues, un Français ne devrait pas dire cela, mais la première puissance militaire en Europe, ce n'est pas la France, ce n'est même pas une autre nation européenne, ce sont les États-Unis. La faiblesse militaire des Européens au début de la guerre froide les avait amenés à quémander un engagement américain en Europe dès le temps de paix, à rebours de la tradition diplomatique de Washington, qui n'a jamais goûté aux alliances contraignantes qui pourraient brimer sa liberté.
C'est leur même faiblesse aujourd'hui qui fait craindre aux Européens la prise de distance de leurs lointains protecteurs. Certes, le président américain va s'employer à mettre un terme à la guerre en Ukraine. Mais il s'apprête aussi, tel le parent lâchant la main de l'enfant pour sa rentrée de classe, à nous pousser à prendre nos responsabilités pour dissuader la Russie de toute nouvelle offensive. L’Amérique ne veut plus faire le travail que les Européens devraient faire. Un Français illustre affirmait que la défense de la France devait être française. Avec la même constance, il a bataillé pour que la défense de l'Europe soit européenne. Ce combat est le nôtre. Autrement, chers collègues, il est vain de parler dans cet hémicycle de toute espèce d'existence politique européenne.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.