Discours du 12 février 2025
Pierre-Romain Thionnet · Premier anniversaire de l'assassinat d'Alexeï Navalny et poursuite de la répression de l'opposition démocratique en Russie (débat)
Madame la Présidente, dans ses mémoires, Navalny écrit que la plus grande erreur que commettent les gens de l'Ouest est de confondre État russe et peuple russe. Navalny combattait avec virulence le Kremlin et la corruption d'un système dont, selon lui, le peuple n'est pas la préoccupation première. Ses ennemis l'ont dépeint volontiers comme une marionnette au service de l'étranger. Pourtant, Navalny était un fervent patriote, à tel point que certains milieux libéraux avaient jugé bon de l'exclure, car ils le considéraient comme trop nationaliste.
Patriote russe, Navalny était aussi devenu un fervent orthodoxe. «Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés!» Ce verset de l'Évangile selon Matthieu était, selon lui, la doctrine politique centrale de la Russie moderne. Son combat était celui de la patrie, de la liberté et de la justice et, contrairement à Tolstoï, il croyait fermement au rôle de l'individu dans l'histoire, ou plutôt à la possibilité de précipiter les choses, de créer les conditions d'un changement radical.
Que nous dit finalement le combat d'Alexeï Navalny un an après sa mort? C'est un message qui s'adresse tant aux Russes qu'aux Européens et qui combat tout déterminisme. La Russie peut prendre une direction où tout ce qui l'entoure, et notamment l'Europe, cessera d'être perçu comme un monde hostile. Oui, une autre relation est possible et rien ne pousse éternellement l'Europe et la Russie l'une contre l'autre.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.