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Discours du 16 juin 2025

Pierre-Romain Thionnet · Le coût humain de la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine et la nécessité urgente de mettre fin à l'agression russe: la situation des civils détenus illégalement et des prisonniers de guerre, et la poursuite des bombardements de civils (débat)

Monsieur le Président, nous avons l'habitude de dire que les guerres font toujours des victimes civiles, mais qu'en est-il lorsque, sous les missiles, sous les drones et sous les décombres, ce sont des frères qui sont tués?

Parler de frères pour parler des Russes et des Ukrainiens, ce n'est évidemment pas remettre en question l'existence d'une nation, d'une identité et d'un peuple ukrainien. C'est faire remarquer leur proximité objective, celle d'une langue certes distincte, mais issue de la famille slave orientale, celle d'un même mythe fondateur, celle d'une même foi orthodoxe, quand bien même elle est déchirée entre deux Églises.

Nous, Européens, savons très bien à quel point les guerres fratricides sont les plus terribles. Nos croyances et nos mythes en sont les témoins: Caïn et Abel, Romulus et Rémus, Etéocle et Polynice.

Pourquoi Poutine, qui affirme à longueur de discours qu'Ukrainiens et Russes forment un seul et même peuple, s'est-il donc lancé dans une guerre d'anéantissement? Pour lui, l'Ukraine est un petit frère, mais c'est un frère inégal, un frère illégitime. On le sait depuis 2014, Poutine veut régner en maître dans son domaine impérial, il refuse que les Ukrainiens puissent choisir un autre destin que celui qui est décidé pour eux. Il préfère une Ukraine anéantie à une Ukraine libérée de la tutelle russe.

Ainsi, alors que les néoconservateurs américains bombardaient au nom de l'humanité, les Faucons russes pilonnent au nom de la fraternité; alors que les Occidentaux changeaient les régimes au nom des droits de l'homme, les Russes veulent le faire au nom de pseudo-droits historiques. À chaque fois, c'est notre conception d'un monde fondé sur les relations entre nations qui est battue en brèche et c'est l'Empire qui s'affirme au détriment des nations.

Chers collègues, la paix reste possible, mais elle devra s'accompagner aussi d'un changement de mentalité au sommet du pouvoir russe: considérer l'Ukrainien comme un frère, non pas pour mieux le ligoter et le détruire, mais pour reconnaître en lui un égal.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.