Discours du 9 juillet 2026
Pierre-Yves Cadalen · Première session extraordinaire 2026 · séance n°10
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Non, vous n’avez pas dit ça !
Merci aux camarades qui me le souhaitent.Plus sérieusement : à un moment donné, cela suffit ! En France, on compte 350 000 personnes sans-abri.
Le mal-logement est un problème massif : 15 millions de personnes en souffrent. Depuis la loi honteuse de M. Kasbarian, le nombre d’expulsions atteint des records. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)
De l’aveu même de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), le ministère de l’intérieur dénombre seulement 6 000 à 7 000 squattages par an. Alors que la canicule frappe le pays, que les gens crèvent de chaud dans leur logement ou crèvent de chaud dehors quand ils n’en ont pas, votre priorité est de créer des mesures administratives pour expulser davantage de gens. (Mêmes mouvements.)
Occupez-vous d’eux ! Logez-les, construisez des logements ! Faites ce que vous n’avez pas fait pendant des années et des années ! (Mêmes mouvements.) Répondez aux besoins sociaux ! Il est absurde et ridicule de discuter, comme nous le faisons depuis ce matin neuf heures, de dispositions qui n’auront aucun effet et d’une loi inutile, voire contre-productive, répressive et liberticide.
C’est d’autant plus ridicule que le pays souffre et que vous n’en avez rien à faire ! (Mêmes mouvements.) Le Haut Conseil pour le climat a dit ce matin que la France n’était pas prête pour la canicule. Et vous voulez que nous discutions de cette loi Ripost qui n’est ni faite ni à faire, de ce fourre-tout invraisemblable ? Nous, collègues de gauche, ainsi que tout le pays, nous n’en pouvons plus de ce gouvernement inutile ! Il est grand temps de vous remplacer ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Quelle honte ! Le nombre de sans-abri explose !
Allez voir à quoi ressemble un logement insalubre !
Et le droit au logement ?
Qu’est-ce qu’il raconte, celui-là ?
Et Marine Le Pen ?
Nous avons bien compris que votre priorité n’était pas du tout de garantir un logement pour toutes et tous, de respecter le préambule de la Constitution de 1946 ou encore la vocation sociale de notre République. Vous prévoyez dans cet article d’aggraver les sanctions contre les personnes qui occupent les logements, et vous êtes même prêts à les envoyer en prison. C’est peut-être votre solution pour loger les gens, remarquez !Quelle ironie que le parti de M. Kasbarian s’appelle le Parti de la liberté. Je lui propose de préciser qu’il s’agit de la liberté des riches ou de celle des bourgeois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)C’est ce que vous avez démontré, en tout état de cause. Vous êtes ici et là-bas, les macrono-lepénistes, les représentants de la classe bourgeoise. Karl Marx disait que lorsque l’on vous montre tel que vous êtes, lorsque l’on dit quels intérêts vous représentez, vous ne le supportez pas parce que vous n’assumez pas ce que vous êtes et ce que vous faites.Au XIXe siècle, à une période où le suffrage était censitaire, le premier ministre Guizot encourageait ses concitoyens à s’enrichir pour devenir des citoyens et des électeurs. Vous voulez la même chose. Du reste, quand la participation populaire aux élections est faible, cela vous arrange.À ceux qui nous écoutent, je dis donc d’aller voter massivement à la présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon parce que nous garantirons le logement, nous construirons des logements publics, nous rénoverons et nous en finirons avec ces lois sottes et stupides qui ne font que nous faire perdre notre temps. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Un tiers des ménages détiennent la moitié du parc privé !
C’est absurde : c’est l’indemnité parlementaire ! Quand elle n’existait pas, il n’y avait que des bourgeois à l’Assemblée !
Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3. M. Croizier met en cause le fait que nous touchions la même indemnité parlementaire que lui.
C’est un scandale ! Je tiens à vous rappeler une chose qui fera écho à la discussion que nous venons d’avoir : lorsqu’il n’y avait pas d’indemnité parlementaire, seuls des gens comme vous étaient élus parce qu’ils étaient propriétaires et disposaient d’une rente ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et GDR.)
Cela ne nous intéresse pas !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).