Discours du 11 février 2026
Pierrick Courbon · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°145
C’est faux !
Et les apiculteurs ?
Il est déjà dangereux !
Merci, mais non merci !
Il a manqué une chose : la démocratie !
Dans ce débat, je porte modestement la voix de ceux que l’on a trop peu entendus lors de l’examen de la loi Duplomb : les apiculteurs. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, LFI-NFP et EcoS.) Lorsqu’il s’est agi de tenter de réintroduire l’acétamipride, le plus connu des insecticides tueurs d’abeilles, personne ne leur a donné la parole, personne n’a pris la peine de les auditionner.Dans le monde agricole français, la filière apicole doit avoir droit de cité comme toutes les autres, car elle non plus n’est pas épargnée par les difficultés. Les défenseurs de Duplomb mettent en avant la souveraineté alimentaire, la nécessité de produire en France des noisettes, des pommes, des cerises, de la betterave. Soit. Mais de telles considérations ne vaudraient-elles pas pour le miel et les autres produits de la ruche, alors que la France est très loin d’être autosuffisante en la matière, ses importations représentant près du double de sa production nationale ?Si nous sommes des défenseurs de l’agriculture, l’idée de défendre telle ou telle filière au détriment direct d’une autre, tout aussi importante par son poids économique, ne présente pas la moindre rationalité à nos yeux. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et EcoS.)Les 60 000 apiculteurs français ont été choqués d’apprendre que les défenseurs du texte considéraient la survie des pollinisateurs comme une « contrainte à lever » – pour reprendre le titre de la proposition de loi. Non, la préservation des pollinisateurs n’est pas une contrainte mais bien une nécessité, et ce pour l’ensemble du monde agricole.Concernant l’acétamipride – que certains appellent déjà le chlordécone de l’Hexagone –, la persistance de la molécule dans les sols, sa forte mobilité dans l’eau, sa dispersion environnementale à très grande échelle et l’exposition chronique qu’elles impliquent pour les insectes, les oiseaux et les populations humaines sont largement documentées. Il pleut de l’acétamipride au Japon, mais M. Duplomb et le gouvernement ne voient aucun problème à le réautoriser en France.Ma question est simple, madame la ministre : alors que le sénateur Duplomb a annoncé vouloir amender la future loi d’urgence agricole pour en faire le cheval de Troie de ses délires monomaniaques, quelle serait la position du gouvernement sur d’éventuels amendements – émanant de lui ou d’autres – visant à autoriser de nouveau des néonicotinoïdes, qu’il s’agisse de l’acétamipride ou du flupyradifurone ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC, LFI-NFP, EcoS et GDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).