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Discours du 25 mars 2026

Pieyre-Alexandre Anglade · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°179

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Voilà un mois que la guerre embrase le Proche-Orient et qu’une réalité que nous connaissions déjà depuis le retour de la guerre en Europe s’impose. Nous avons basculé dans un autre monde : désormais, la force prime le droit international.Le gouvernement a eu raison, par la voix du premier ministre tout à l’heure, de défendre le droit international, la désescalade et la négociation diplomatique face à l’intervention militaire en Iran, dont il est bien difficile de comprendre les objectifs recherchés, en particulier par les Américains.Le gouvernement a aussi eu raison de rappeler, par la voix du premier ministre, que la France est un partenaire fiable, qu’elle protège les siens partout dans le monde, qu’elle vient en soutien de ses alliés quand ils sont agressés et qu’elle participe activement à la sécurité de l’Europe quand l’un de ses États membres est la cible de drones, comme ce fut le cas à Chypre il y a peu.Cette constance, cette clarté, cette exigence, c’est ce qui fait aujourd’hui la crédibilité de la voix de la France. C’est ce qui permet d’affirmer qu’aucune solution pérenne face aux menaces graves que représente l’Iran ne reposera sur la seule force. Il ne s’agit pas là de naïveté ou d’angélisme, mais d’un principe de réalité, car nous savons qu’aucune idéologie ne meurt sous un tapis de bombes, pas plus que n’a disparu le programme nucléaire iranien après la guerre des douze jours.Après un mois de bombardements en Iran, qui peut prétendre, sans évaluation sérieuse, que le programme nucléaire et balistique iranien a été définitivement détruit ? Qui peut certifier, malgré les dégâts causés par les frappes nombreuses, que le danger que représente l’Iran est définitivement écarté ? Qui peut assurer qu’Israël et la région seront en sécurité pour les années à venir ? Personne ! Personne ne peut l’assurer car beaucoup avaient sous-estimé la force de résistance de cette dictature, qui a entraîné la région dans le conflit et sera peut-être en mesure de déplacer un certain nombre de ses capacités. Face à cela, il faut se rendre à l’évidence : le danger nucléaire demeure et la question du contrôle du programme nucléaire et balistique iranien reste en suspens tant qu’une solution diplomatique n’a pas été entérinée.Au-delà de l’Iran, il est un pays qui nous est particulièrement cher et dont la situation exige que nous agissions. Il s’agit évidemment du Liban. Je tiens, à cet égard, à saluer le récent déplacement qu’y a fait le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.Ce que subissent les Libanais est inacceptable. Des morts par centaines, des déplacés par centaines de milliers, des frappes disproportionnées et des menaces formulées au grand jour par des responsables israéliens de s’emparer du Sud Liban. Le Hezbollah, en attaquant Israël, porte une immense responsabilité ; ce faisant, il a fait le choix de l’Iran contre les intérêts du Liban. Mais détruire le Liban pour éradiquer le Hezbollah est une impasse. L’éradication de ce mouvement passe par le renforcement de l’État libanais, de son armée, de sa souveraineté, certainement pas par sa destruction et son occupation.Je voudrais, pour finir, évoquer un autre conflit, celui qui fait rage en Ukraine, que nous ne pouvons et ne devons pas oublier car il concerne notre sécurité. Hier, 1 000 drones ont été envoyés sur ce pays ami dont le martyre dure depuis quatre ans ; 1 000 drones qui, une fois de plus, soulignent à nos yeux cette évidence : Vladimir Poutine ne veut pas la paix, mais la capitulation de l’Ukraine. C’est la raison pour laquelle le prêt de 90 milliards d’euros, décidé par le Conseil européen, doit être débloqué de toute urgence et sans la moindre hésitation.Récemment, nous avons encore vu des responsables politiques français, au Rassemblement national, soutenir Viktor Orbán à Budapest et, pire encore, appuyer sa décision de bloquer ce prêt au nom de la défense des intérêts de son pays. Il s’agit évidemment là d’un mensonge ! En opposant son veto à ce prêt, Viktor Orbán défend les intérêts de la Russie de Vladimir Poutine et certainement pas ceux de la Hongrie, puisque ce pays ne participe même pas à ce prêt. (MM. Yannick Chenevard et Jean-Louis Thiériot applaudissent.)

Une fois encore, le Rassemblement national a choisi les intérêts de la Russie contre ceux de l’Europe et de la France.Dans ce tableau, fait de chaos et de guerres, la question du rôle de la France et de l’Europe et celle de leur positionnement sur l’échiquier politique international se posent de façon plus aiguë que jamais. Nous avons basculé dans un autre monde, celui de la force, et nous, Français et Européens, devons prendre lucidement conscience de ce basculement, faute de quoi nous serons à la merci des empires qui ne savent que s’imposer par la force et nous serons alors réduits au rôle de simples spectateurs.

C’est pourquoi nous devons bâtir sans tarder une véritable puissance européenne : c’est la seule manière de s’affirmer sur la scène internationale. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR et Dem.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).