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Discours du 11 mai 2026

Pieyre-Alexandre Anglade · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°227

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Depuis maintenant de longs mois, le peuple géorgien se bat pour sa liberté et son avenir européen. Jour après jour, drapeaux européens à la main, des Géorgiens de toutes conditions – étudiants, médecins, artisans, journalistes, retraités – viennent réclamer une chose simple : le retour de la démocratie libérale et la poursuite du chemin européen de leur pays.Les élections législatives de 2024 ont marqué le premier pas de la dérive illibérale et autoritaire du gouvernement géorgien. Contesté, le scrutin a fait l’objet de nombreuses manipulations et de toutes sortes d’irrégularités de la part du pouvoir. L’adoption de la loi relative à l’influence étrangère, directement calquée sur le texte russe utilisé par le Kremlin pour étouffer toute voix dissidente, a représenté un second jalon dans la régression de la vie démocratique. À cela s’ajoutent la répression des manifestants, le muselage de la société civile, l’intimidation des oppositions et la remise en cause de la justice et de l’État de droit.Par ce débat et ce vote, nous apportons un soutien fraternel au peuple géorgien…

…qui voit ses droits fondamentaux piétinés, ses libertés civiles et politiques bafouées et son avenir européen entravé.Vous l’avez rappelé très justement, madame la rapporteure, derrière les maux que connaît la région, il y a souvent la main de la Russie. Comme il l’a fait pour l’Ukraine, Vladimir Poutine refuse le destin européen de la Géorgie et l’aspiration à la liberté et à la démocratie du peuple géorgien. Quand le peuple ukrainien s’est soulevé place Maïdan, les Européens ont parfois préféré regarder ailleurs. Ne reproduisons pas la même erreur, dont l’Ukraine et les Ukrainiens paient aujourd’hui le prix. Nous n’avons pas le droit de renoncer à la démocratie et à l’État de droit en Géorgie.C’est pour cela que ce texte est essentiel. Il est essentiel car nous disons avec clarté qu’il existe un chemin européen pour la Géorgie. Ce chemin exige l’organisation rapide d’élections législatives libres et transparentes ainsi que le respect et l’indépendance de la justice et de l’État de droit, qui ne sont pas négociables. Ce sont même les conditions essentielles à la poursuite du processus d’adhésion. Nous disons aussi que l’Union européenne doit soutenir davantage celles et ceux qui font vivre la démocratie géorgienne : les ONG, les médias indépendants, les universités et l’ensemble des acteurs de la société civile, aujourd’hui menacés.Les groupes politiques vont à présent exposer leur position sur ce texte. Je forme le vœu que nous trouvions la majorité la plus large pour envoyer un message clair qui soit entendu à Tbilissi. Refuser de soutenir cette proposition de résolution au motif qu’il ne faut pas s’ingérer ou s’immiscer dans un débat interne à la Géorgie, c’est oublier ce qu’est l’Union européenne. Ce n’est pas simplement un marché, c’est aussi une communauté de destin fondée sur des principes démocratiques communs. Défendre ces principes, ce n’est pas, comme certains pourraient le dire, une forme d’ingérence : c’est une responsabilité politique et morale à laquelle nous sommes tenus comme État fondateur de l’Union européenne.J’espère donc que nous saurons trouver la majorité la plus large possible, car ce texte n’est pas seulement symbolique. C’est un témoignage de la solidarité démocratique européenne adressé au peuple géorgien. Notre devoir ce soir est clair : dire aux Géorgiens qu’ils ne sont pas seuls, que l’Assemblée nationale française est à leurs côtés et que nous les soutiendrons aussi longtemps que nécessaire dans leur aspiration à la démocratie, à la liberté et au chemin européen. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur les bancs des commissions.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).