Discours du 13 décembre 2023
Raphaël Glucksmann · Préparation de la réunion du Conseil européen des 14 et 15 décembre 2023 (débat)
Madame la Présidente, chers collègues, Vladimir Poutine peut aujourd’hui avoir le sourire.
Il avait fait deux paris en 2022: le premier pari, qu’il a complètement perdu, c’était l’effondrement complet de l’État ukrainien. Mais le deuxième pari, qui consistait à croire que nos sociétés européennes, que nos dirigeants européens et occidentaux étaient incapables de fournir un effort durable sur le moyen et sur le long termes, ce pari-là, il est en train de le gagner.
Notre faiblesse et notre pusillanimité sont en train de lui donner raison. L’aide militaire occidentale n’a jamais été aussi faible. L’aide financière est l’otage de dirigeants corrompus comme Orbán, ou des représentants républicains au Congrès américain.
Ce Conseil est décisif; décisif pour l’avenir de l’Ukraine, mais aussi de l’ensemble de notre continent. Car pourquoi devons-nous ouvrir ces négociations et pourquoi devons-nous accroître l’aide à l’Ukraine? Pas simplement par solidarité avec la résistance ukrainienne, mais pour nous-mêmes, pour l’avenir de notre continent.
Le président Zelensky, au début du conflit, a cité la question de Hamlet, «To be or not to be», et il a dit: «Nous, Ukrainiens, nous avons répondu nous voulons être.» La question s’adresse maintenant à vous, Européens. Eh bien, c’est à cette question qu’il faut que nous répondions désormais: «Nous voulons être.»
(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu»)
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.