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Discours du 6 février 2024

Raphaël Glucksmann · Conclusions des réunions du Conseil européen, en particulier la réunion extraordinaire du Conseil européen du 1er février 2024 (débat)

Madame la Présidente, Monsieur le Président, chers collègues, heureusement que Viktor Orbán n’a pas réussi à tuer l’aide financière européenne à l’Ukraine. Mais, honnêtement, il n’y a pas lieu de pavoiser, car cette aide ne suffit pas, et elle suffira encore moins si les Américains élisent Donald Trump en novembre et nous laissent seuls.

Alors, où trouver en Europe les fonds nécessaires pour soutenir massivement l’Ukraine alors même que les contribuables européens sont déjà dans une situation difficile? Eh bien, cette ressource existe, nous l’avons sous les yeux depuis deux ans: plus de 200 milliards d’euros d’avoirs publics russes sont immobilisés dans les banques européennes. Oui, plus de 200 milliards d’euros sont gardés bien au chaud en attendant que la guerre se termine – pour être rendus ensuite, sans doute. C’est totalement absurde. Ces 200 milliards doivent être saisis puis alloués à l’aide à l’Ukraine. Une telle décision, prise avec nos partenaires du G7, serait une contre-mesure légitime face à un État agresseur et une anticipation des réparations que la Russie doit verser.

Cela ne coûte pas un euro aux citoyens européens et cela envoie enfin un message clair à Moscou: il n’y aura pas de retour en arrière. Pourquoi ne le fait-on pas? Pourquoi Paris et Berlin s’opposent-ils aussi fermement à cette option? Nous devons avoir des réponses.

(L’orateur accepte de répondre à une question «carton bleu»)

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.