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Discours du 27 novembre 2024

Raphaël Glucksmann · L’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et l’appel à sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la répression de la liberté d’expression en Algérie (débat)

Monsieur le Président, chers collègues, Madame la Commissaire, Boualem Sansal est en prison. Cette phrase absurde condamne à elle seule le pouvoir qui l'enferme.

Quel est le crime de Boualem Sansal? Un crime terrible, un crime impardonnable: son crime est d'écrire, de penser, de parler, de rêver en homme libre. Et c'est assez pour constituer, je cite, une «atteinte à l'intégrité territoriale». Une trahison qui vous fait encourir, peut-être, la perpétuité. À quel point faut-il douter de soi pour avoir si peur des mots d'un écrivain de 75 ans?

Le régime algérien qui l'embastille ressemble ce soir à tous ces régimes, à travers l'histoire, qui ont persécuté, arrêté, déporté les poètes dont les plumes et les âmes refusaient de se soumettre. Ceux qui font aujourd'hui, en France, le procès intellectuel de l'écrivain plutôt que de porter le fer contre ses geôliers sont les dignes héritiers de la cohorte de bureaucrates de la pensée, qui instruisaient jadis le procès en réaction des dissidents soviétiques au lieu d'élever la voix contre leurs bourreaux.

Chers collègues, ce soir, depuis le cœur de la démocratie européenne, nous condamnons sans réserve l'arrestation inique de Boualem Sansal. Nous exigeons sa libération immédiate et nous demandons instamment aux autorités européennes qu'elles mettent tout en œuvre pour l'obtenir au plus vite.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.