Discours du 2 avril 2025
Rima Hassan · Persécution des journalistes au Cameroun, notamment les cas d'Amadou Vamoulké, de Kingsley Fomunyuy Njoka, de Mancho Bibixy, de Thomas Awah Junior et de Tsi Conrad (débat)
Monsieur le Président, chers collègues, le Cameroun est un pays riche de son paysage médiatique: 600 journaux, 200 radios et plus de 60 chaînes de télévision. Pourtant, il est à la 138e place sur 170 au classement de Reporters sans frontières. Du fait d’une triple colonisation allemande, française et britannique, les tensions entre francophones et anglophones sont au cœur de la répression des journalistes camerounais. Paul Biya, le plus vieux dirigeant élu en exercice au monde, utilise aujourd’hui l’architecture juridique antiterroriste pour bâillonner toute critique – une instrumentalisation grossière, qui ne connaît malheureusement pas de frontières.
À la répression et aux arrestations arbitraires s’ajoutent les tentatives de corruption du corps journalistique pour en faire un outil de propagande. Des solutions s’offrent à tous ceux qui, à l’instar du Parlement, prétendent agir pour le changement. Un: réviser les lois antiterroristes. Deux: abolir les procédures de jugement de civils devant les tribunaux militaires. Trois: défendre la tenue d’une mission des Nations unies sur les violations des droits de l’homme déjà votées ici, au Parlement, en 2021.
Il est urgent d’agir, car pour certains il est déjà trop tard. Jean-Jacques Ola Bébé, Samuel Wazizi ou encore Martinez Zogo sont tous les trois déjà morts. La presse doit demeurer la tribune du peuple. La censure est l’arme de ceux qui ont déjà tout perdu.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.